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Kevin De Bruyne met en garde contre l'emballement autour de Fernandez

À Manchester, certains avaient déjà écrit l’histoire. Le passage de témoin, la nouvelle ère, l’héritier naturel. En quelques jours, Enzo Fernandez est devenu, dans l’imaginaire des supporters, le successeur désigné de Kevin De Bruyne. Le Belge, lui, ne lit pas le scénario de la même façon.

Dans un entretien accordé à Nieuwsblad, l’icône de Manchester City a livré un verdict sans fioritures sur le nouveau milieu argentin, débarqué à l’Etihad pour un montant record. Et il n’a pas cherché à arrondir les angles.

« Les supporters de Manchester City qui appellent Fernandez mon successeur ? Honnêtement, je trouve que c’est un peu exagéré », lâche De Bruyne.

Le ton est posé, mais le message est clair. Il enchaîne : « Enzo est un bon joueur, je ne dis pas le contraire. Il a de la qualité, du potentiel et il peut devenir un milieu très important. Mais si on est complètement honnêtes, je ne pense pas qu’il soit, pour l’instant, proche du niveau auquel je jouais pour Manchester City. »

La phrase claque comme un rappel à la réalité. Car autour de Fernandez, tout respire déjà la continuité symbolique. L’Argentin a choisi le numéro 17, ce numéro qui, pendant près d’une décennie, a incarné le cerveau créatif de City, la patte droite qui a façonné l’ère Guardiola.

Mais derrière ce choix, pas de mise en scène calculée, assure le principal intéressé. À 25 ans, Fernandez revendique d’abord une histoire personnelle avec ce numéro. « C’est un numéro que j’aime, explique-t-il lors de sa présentation. Il me représente. C’était mon premier numéro en sélection, donc je suis très heureux de pouvoir le porter. »

Le maillot, le prix, le statut de champion du monde avec l’Argentine : tout alimente une hype massive autour de lui. City a égalé un record britannique pour l’arracher, signe d’une confiance totale du club dans sa capacité à s’imposer au plus haut niveau. Mais pour De Bruyne, le marché des transferts n’écrit pas la vérité du terrain.

Le meneur de jeu belge met les choses au clair : « Parfois, j’ai l’impression que les gens l’ont surestimé à cause de son prix et de ce qu’il a réalisé avec l’Argentine. 125 millions de livres ne font pas automatiquement de toi un milieu de classe mondiale. Il a encore beaucoup à prouver. S’il veut être mon successeur, il doit d’abord le montrer sur le terrain. Prendre mon numéro 17 est une chose… remplacer Kevin De Bruyne, c’en est une complètement différente. »

Le message pique, mais il fixe aussi le cadre : à Manchester City, la succession ne se décrète pas, elle se gagne. Le poids de l’héritage est immense, surtout dans un vestiaire habitué à transformer les attentes en trophées.

Face à cette exigence, Fernandez ne se dérobe pas. Il se tourne vers ce qui l’attend, plus que vers ce qui a été. Et retrouve au passage un visage familier sur le banc : Enzo Maresca, nouvel homme fort de City, qu’il connaît déjà.

« Tout joueur veut faire partie d’un club comme celui-ci, parce que tout le monde sait à quel point City est bien structuré », affirme l’Argentin à son arrivée. « Je ne pourrais pas être plus heureux d’être ici, et je suis prêt pour le défi d’aider City à continuer de gagner des trophées. C’est un club construit pour le succès. »

Les rôles sont désormais posés. De Bruyne, monument lucide, refuse qu’on brade son héritage sur l’autel de l’euphorie estivale. Fernandez, lui, entre dans un costume taillé sur mesure… mais encore largement trop grand pour être confortable.

Le numéro 17 a changé d’épaules. Reste à savoir si, dans quelques mois, on parlera d’un simple transfert de flocage ou d’une vraie passation de pouvoir.