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Crise de vestiaire et visite royale du Pakistan

Même quand il rend visite au roi, le Pakistan n’arrive pas à échapper à la tempête. En pleine tournée chaotique en Angleterre, la sélection s’est retrouvée au cœur d’une nouvelle controverse : des joueurs fraîchement écartés de l’équipe de Test ont été sommés de se présenter à Clarence House pour une rencontre officielle avec King Charles III.

L’épisode, révélé par The Telegraph, illustre le climat électrique qui entoure la tournée. Après les défaites à Lord’s et Headingley, sept joueurs et plusieurs membres du staff ont été retirés du groupe. Sur le papier, leur histoire avec cette série était terminée. Dans les faits, on leur a demandé de se remettre en costume pour sauver les apparences devant le souverain britannique.

Des joueurs écartés… mais rappelés pour la photo

Ali Usman, Aamir Jamal, Khurram Shahzad et Muhammad Awais Zafar ont finalement répondu présents à l’invitation royale. À contrecœur, selon le contexte décrit : dans un vestiaire secoué, beaucoup auraient préféré rester à l’écart, digérer leur mise à l’écart plutôt que de se prêter à un exercice protocolaire.

Un autre joueur, également sorti du groupe, a refusé de venir en signe de protestation. Geste rare, mais révélateur : l’obligation faite aux “indésirables” de rejoindre la délégation pour éviter une poignée de mains clairsemée avec le roi a été vécue comme une humiliation de plus.

King Charles III a échangé avec les joueurs et les officiels, glissant quelques mots d’encouragement dans une tournée devenue pénible. Le capitaine Babar Azam lui a offert une batte dédicacée, pendant que le président du PCB, Mohsin Naqvi, remettait un cadeau officiel. Naqvi a qualifié la rencontre de positive, affirmant que le roi avait salué la contribution du Pakistan à la paix.

Sur la photo, tout semble lisse. En coulisses, rien ne l’est.

Menace de boycott à Lord’s et grand ménage

Cette visite royale ne tombe pas dans un vide sportif, mais en plein séisme. À Lord’s, la tension avait déjà atteint un point critique lorsque l’équipe pakistanaise a menacé de ne pas revenir sur le terrain après la pause déjeuner si une interview des fils de l’ancien capitaine et Premier ministre Imran Khan était diffusée.

L’entretien a bien été diffusé. Le Pakistan est finalement revenu sur la pelouse. Et a perdu.

La défaite a servi de déclencheur. Dans la foulée, sept joueurs et plusieurs entraîneurs ont été débarqués, et le sélectionneur principal Sarfaraz Ahmed a été limogé. Un coup de balai brutal, symbole d’une direction déterminée à reprendre la main, quitte à tout brûler sur son passage.

Pour tenter de remettre de l’ordre, le PCB a fait appel au Néo-Zélandais Mike Hesson, chargé de diriger l’équipe pour la fin de la série. Un choix qui tranche avec les habitudes locales, et qui souligne l’urgence ressentie par la fédération.

Une tournée sous haute tension

Sur le terrain, les défaites. En dehors, les menaces de boycott, les renvois en chaîne et désormais une polémique protocolaire autour d’une visite royale. Le Pakistan vit une tournée où chaque jour semble ouvrir un nouveau front.

La photo de Babar Azam offrant une batte signée à King Charles III restera dans les archives. Mais ce sont les regards fermés des joueurs écartés, rappelés pour remplir la salle de Clarence House, qui racontent le mieux l’état du cricket pakistanais en ce moment : sous pression, fragmenté, et à la recherche désespérée d’un nouveau départ.