logo

Crise chez Ferrari à Monza : Montoya appelle à l'action

Le temple de la vitesse s’est transformé en scène de crise pour Ferrari. À domicile, devant les tifosi, la Scuderia a vu Mercedes signer un doublé éclatant, mené par un Kimi Antonelli déchaîné, remonté de la 19e place sur la grille jusqu’à la victoire. Pendant ce temps, les voitures rouges se débattaient dans leurs propres turbulences.

Le départ a tout fait basculer. Au premier virage, Lewis Hamilton plonge à l’intérieur de Charles Leclerc, puis tente de contourner l’extérieur au deuxième. Le Monégasque tient sa ligne, ne cède pas un centimètre. Hamilton finit dans les graviers, rétrogradé au 10e rang. Une manœuvre agressive, un duel de champions, mais entre coéquipiers, l’addition est toujours plus salée.

Le pire arrive aussitôt. Au deuxième tour, Leclerc défend face à Oscar Piastri à la sortie de Parabolica. Il morde sur le vibreur, perd le contrôle et s’écrase dans les barrières. Fin de course, fin de week-end, sous le regard médusé du public italien. Hamilton, lui, remontera jusqu’à la sixième place, mais le mal est fait : la course de Ferrari s’est effondrée en deux tours.

À l’issue du Grand Prix, Hamilton, troisième du championnat pilotes, parle d’un résultat « difficile à encaisser » sur F1 TV. Les chiffres le confirment : il pointe désormais à 10 longueurs de George Russell, deuxième, et à 76 points du leader Kimi Antonelli. Leclerc, cinquième au général avec 155 points, accuse déjà 112 unités de retard sur l’Italien de Mercedes.

Face à ce scénario, Juan Pablo Montoya ne voit plus d’autre issue qu’une intervention musclée de la direction de Ferrari. En analysant la course à l’antenne, l’ancien pilote de Formule 1 ne s’arrête pas au simple incident de piste. Il vise la structure.

Selon lui, Fred Vasseur ne peut plus porter seul ce dossier brûlant. « Ils doivent aller voir non seulement Fred mais au-dessus de Fred et les asseoir », insiste-t-il, appelant clairement les plus hauts responsables de Maranello à reprendre la main. Pour Montoya, la solution passe par une réunion immédiate entre les deux pilotes et le sommet de l’organigramme, dès cette semaine à l’usine.

Le Colombien pointe directement la position de Leclerc, qui a expliqué avoir « couru contre Lewis comme il l’aurait fait contre n’importe qui ». Une phrase qui fait sens pour un pur pilote, beaucoup moins pour un leader d’équipe. Montoya tranche : un coéquipier ne peut pas être « n’importe qui ». Il doit être protégé, ou au moins traité avec une forme de prudence stratégique. Respect du coéquipier, respect de l’équipe : deux principes qu’il estime bafoués dans ce duel au premier virage.

Derrière les chiffres du championnat se cache une urgence politique. Ferrari voit Mercedes s’envoler avec un Antonelli en pleine ascension et un Russell solide. À Maranello, la question n’est plus seulement de savoir qui est le numéro un sur la piste, mais qui, au-dessus de Fred Vasseur, acceptera de trancher avant que la saison ne leur échappe définitivement.