Coco Gauff en quarts de finale du US Open : une habituée des grands rendez-vous
NEW YORK – Trois ans qu’elle attendait de revenir à ce stade-là à Flushing Meadows. Coco Gauff est de retour en quarts de finale du US Open, et cette fois, elle y arrive avec l’allure d’une patronne installée, plus que d’une révélation.
La tenante du titre a écarté sa compatriote Iva Jovic 6-1, 6-4, en 1h33, pour signer une dixième victoire consécutive sur le circuit WTA. Un chiffre fort, mais presque secondaire face à une autre série impressionnante : Gauff vient d’enchaîner 20 sets gagnés de suite. Le dernier qu’elle a laissé filer remonte au deuxième tour de Cincinnati, face à Liudmila Samsonova.
Sur le papier, ce huitième de finale avait des allures de piège. Sur le court Arthur Ashe, il s’est vite transformé en démonstration de contrôle.
Une première manche à sens unique
Leur précédent duel, sur la terre battue de Rome, avait tourné au bras de fer : 5-7, 7-5, 6-2 pour Gauff après une longue bataille en trois manches. Lundi, le scénario a basculé de l’autre côté du spectre.
Breakée d’entrée, Gauff a immédiatement resserré le jeu. Puis elle a accéléré. Brutalement. Six jeux d’affilée, première manche pliée en moins de 35 minutes. De la fin du premier set jusqu’à 0-30 au début du deuxième, elle a remporté 25 des 30 points disputés. Une séquence qui dit tout de sa prise de pouvoir.
Face à elle, Jovic a vacillé. Service en berne – seulement 45 % des points gagnés derrière sa mise en jeu –, confiance entamée. En quittant Arthur Ashe, la jeune Américaine avait les larmes aux yeux, lucide sur la marche qui la sépare encore du très haut niveau dans ce genre d’arène.
Jovic se rebiffe, Gauff serre le jeu
La rencontre aurait pu tourner à la correction. Jovic a refusé ce scénario. Menée d’un break dans le deuxième set, elle est revenue à 3-3, retrouvant un peu de longueur, un peu de courage, beaucoup d’orgueil.
C’est là que l’expérience de Gauff a fait la différence.
À 5-4, au moment où la moindre hésitation peut relancer un match, la championne en titre a frappé. Break au meilleur moment, opportunité de servir pour le match, affaire conclue sans trembler. C’est dans ces instants que se lit la maturité d’une joueuse qui sait exactement où elle veut aller.
Elle l’a d’ailleurs résumé sans détour en conférence de presse : pour elle, un quart de finale de Grand Chelem n’est plus un sommet inattendu, mais un territoire familier. Elle s’y voit. Elle s’y attend. Elle s’y prépare.
Elle a expliqué qu’elle « accueille » ce type de rendez-vous, qu’elle se sent désormais « habituée » à ces positions, tant elle se retrouve régulièrement dans le dernier carré des grands tournois. La nuance est importante : Gauff ne banalise pas le moment, elle le maîtrise. Elle sait la chance d’y être, mais assume aussi le fait de s’y être hissée encore et encore.
Sur le plan mental, le discours suit la performance. Quand elle laisse filer un jeu, une occasion, elle refuse de parler d’« opportunité perdue ». Elle préfère y voir un repère, une indication de ce qu’elle doit mieux faire, convaincue qu’elle se retrouvera à nouveau dans la même situation. Et qu’elle sera prête.
Un quart face à Andreeva, avec l’histoire de son côté
La suite s’appelle Mirra Andreeva. Un nom que Gauff connaît par cœur. Cinq confrontations, cinq victoires. Quatre sur terre battue, une seule sur dur, déjà ici à New York, lors du US Open 2023.
Les chiffres racontent une chose : Gauff a la main sur ce face-à-face. Mais ils masquent une autre réalité, plus subtile. Andreeva progresse vite, très vite, et la plupart de leurs duels ont eu lieu sur une surface différente. Le contexte change, la pression aussi. Gauff arrive en championne en titre, en joueuse à battre, avec une série à défendre et une place à assumer.
Reste que la voir en quart de finale n’a plus rien d’une surprise. C’est devenu son standard. Sa base de travail. La vraie question, désormais, n’est plus de savoir si elle atteindra la deuxième semaine à New York.
C’est de savoir qui parviendra enfin à l’en faire sortir.




