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Coco Gauff atteint les demi-finales de l'US Open après une remontée spectaculaire

Pendant 26 minutes, Coco Gauff a disparu. Balayée, débordée, étouffée par la fraîcheur insolente de Mirra Andreeva, l’Américaine a pris un 2-6 sec, presque brutal, qui a glacé le Arthur Ashe. On aurait dit un rappel violent que, même championne en titre, personne n’est à l’abri à l’US Open.

Puis la soirée a basculé.

Menée d’un set, malmenée dans l’échange, la tête de série n°4 a d’abord survécu. Deux balles de match sauvées, une manche arrachée au bout d’un tie-break irrespirable, et soudain, le stade s’est enflammé. Score final : 2-6, 7-6 (9-7), 6-2. Une remontée au courage, au mental, au bruit aussi, portée par un public entièrement acquis à sa cause.

Un premier set cauchemardesque

Le début de match a tourné à la démonstration côté Andreeva. La jeune Russe a pris la balle tôt, dicté le jeu, et bouclé la première manche en 26 minutes à peine. Gauff, elle, accumulait les fautes, sans repères au service, sans solution dans les échanges.

Rien ne fonctionnait. Ni la longueur de balle, ni les variations, ni l’énergie habituelle qui fait vibrer le court central. On aurait presque cru à un naufrage express.

Un deuxième set sous tension, entre sursauts et frayeurs

La réaction est venue par à-coups. Gauff a pris deux fois le service d’Andreeva dans ce deuxième set… et deux fois, elle s’est fait reprendre. La manche est devenue brouillonne, nerveuse, hachée. Les deux joueuses ont alterné fulgurances et erreurs grossières.

Puis est arrivé ce tie-break de 16 points, une épreuve de nerfs. Gauff a tremblé, Andreeva aussi. L’Américaine a sauvé deux balles de match, refusant de lâcher, s’accrochant à chaque échange comme si c’était le dernier. Quand elle a enfin conclu 9-7, le match a changé de dimension. Et de température.

Portée par un Arthur Ashe rugissant, Gauff a retrouvé son identité : agressive, intense, engagée physiquement et émotionnellement sur chaque point.

Le déclic mental, inspiré par Frances Tiafoe

Après la rencontre, Gauff a expliqué avoir pensé à Frances Tiafoe, lui aussi renversant la veille face à Alex Michelsen.

« À la fin du premier set je pensais à Frances et à sa façon de revenir hier », a-t-elle confié. « On veut tous bien faire devant ce public. Honnêtement, j’essayais juste de quitter le court sans regrets. »

Cette phrase résume sa soirée. Elle n’a pas retrouvé son meilleur tennis immédiatement, mais elle a refusé la sortie par la petite porte. Elle a tenu, encore et encore, jusqu’à faire craquer la jeune Russe dans le troisième set.

Un troisième set maîtrisé, enfin

Là où Andreeva a semblé digérer difficilement le tie-break perdu, Gauff, elle, a surfé sur la vague. Plus solide au service, plus juste dans ses choix, elle a pris le contrôle de l’échange. Les fautes directes ont diminué, les coups gagnants ont commencé à pleuvoir.

Le bras d’Andreeva s’est un peu raidi, la lucidité a baissé. Gauff, en championne, a senti l’ouverture. Elle a serré le jeu, imposé le rythme, et clos le débat 6-2 dans la manche décisive. Une fin de match sans trembler, presque clinique, à l’opposé du chaos des deux premiers sets.

Cette victoire l’envoie en demi-finale de l’US Open pour la première fois depuis son sacre en 2023. Elle enchaîne ainsi un deuxième dernier carré de Grand Chelem consécutif, confirmation éclatante de son statut de double championne majeure.

Un dernier carré royal… et un choc annoncé

Le tableau a fière allure. Pour la première fois depuis Wimbledon 2009, les quatre premières têtes de série atteignent les demi-finales d’un Grand Chelem en simple dames. Aryna Sabalenka et Jessica Pegula avaient déjà validé leur billet mardi. Coco Gauff et Elena Rybakina complètent ce casting de luxe.

Rybakina, justement, sera la prochaine adversaire de l’Américaine. La future n°1 mondiale a elle aussi dû s’employer. Pour la première fois du tournoi, elle a perdu un set face à Zheng Qinwen, avant de se reprendre pour s’imposer 3-6, 6-1, 6-4. Même menée d’un break dans le set décisif, elle a trouvé les ressources pour renverser la situation.

Deux joueuses revenues de loin le même jour. Deux mentalités de championnes. L’une portée par la clameur new-yorkaise, l’autre par une régularité glaciale qui lui vaut bientôt la place de n°1.

Gauff a survécu à une soirée où tout aurait pu s’arrêter. Rybakina a affirmé, encore une fois, qu’elle sait gagner même sans être dans un fauteuil.

La demi-finale s’annonce comme bien plus qu’un simple duel de classement : un bras de fer entre la reine sortante de New York et la prochaine patronne du circuit. Qui cédera la première ?