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Clippers sanctionnés pour contournement du salary cap en NBA

La NBA vient de frapper un grand coup. Après une enquête longue d’un an, la ligue a reconnu que les Los Angeles Clippers avaient violé les règles de contournement du salary cap en mettant en place des accords de sponsoring off-court au bénéfice de Kawhi Leonard. Le verdict est brutal : une pluie de sanctions sportives, financières et personnelles s’abat sur la franchise et plusieurs de ses figures majeures.

Cinq choix de premier tour retirés. Une amende de 30 millions de dollars. Un propriétaire suspendu. Une star contrainte de payer.

La note est historique.

Un système parallèle d’avantages pour Kawhi Leonard

Au cœur du dossier, un schéma jugé illégal par la ligue : les Clippers ont, selon le rapport, initié et facilité des opportunités de revenus en dehors du terrain pour Kawhi Leonard, en lien avec quatre entreprises partenaires de la franchise : Aspiration Partners, Boingo Wireless, Daktronics et Lockton Insurance.

Le rapport de la NBA, s’appuyant sur un résumé préparé par le cabinet Wachtell Lipton, détaille une série de manquements :

  • la franchise a activement initié des opportunités de revenus off-court entre Leonard et ces sociétés liées au club ;
  • elle a facilité la signature de contrats d’endossement entre ces entreprises et le joueur ;
  • elle a incité ces sociétés à conclure ces accords en leur promettant du business avec l’équipe ;
  • elle a réglé des dépenses personnelles pour Leonard et ses représentants ;
  • elle n’a pas déclaré des sollicitations jugées inappropriées pour des revenus off-court, formulées au nom du joueur par son ancien représentant et oncle, Dennis Robertson.

Pour la ligue, il ne s’agit pas de simples imprécisions administratives, mais d’un « schéma de mauvaise conduite » récurrent, impliquant une organisation déjà identifiée comme récidiviste sur les questions de contournement du salary cap.

Leonard épinglé, son oncle banni

Kawhi Leonard n’est pas épargné par les conclusions de l’enquête. La NBA estime que, par l’intermédiaire de Dennis Robertson, il a exercé des pressions sur les Clippers pour obtenir ces opportunités de revenus parallèles, en a bénéficié, et n’a pas remboursé certaines dépenses personnelles prises en charge par la franchise.

Conséquence directe : Leonard devra verser 700 000 dollars à la ligue.

Dennis Robertson, lui, écope d’une sanction lourde : une interdiction de toute activité commerciale ou relation d’affaires avec les équipes NBA et leurs affiliés pendant cinq ans, pour tout ce qui concerne des joueurs, employés ou personnels liés à la ligue ou à ses franchises.

Une punition exemplaire pour la franchise

La NBA a dégainé un arsenal de sanctions rarement vu pour une seule affaire :

  • Les Clippers perdent cinq choix de premier tour de Draft, un par année, de 2029 à 2033.
  • La franchise est condamnée à une amende de 30 millions de dollars.
  • Le propriétaire Steve Ballmer est suspendu de toutes activités de ligue et d’équipe pendant un an. La ligue lui reproche d’avoir cherché sciemment à aider Leonard à obtenir des revenus off-court, d’avoir validé un accord commercial présenté comme condition préalable à un contrat d’endossement avec Aspiration, et de ne pas avoir mis en place un cadre garantissant le respect des règles.
  • Gillian Zucker, présidente des opérations business, est suspendue sans salaire pendant un an, jugée « principalement et directement responsable » des accords d’endossement illégaux et accusée d’avoir fourni des déclarations fausses ou trompeuses aux enquêteurs.
  • Lawrence Frank, président des opérations basket, est suspendu sans salaire pendant six mois pour son implication dans ces accords et l’approbation de dépenses personnelles jugées illégitimes pour Leonard et sa famille.
  • L’organisation est placée sous programme de conformité et de surveillance, piloté par la ligue, pour une durée de cinq ans.

Un dispositif qui place les Clippers sous microscope, à long terme.

Leonard accepte la faute, les Clippers montent au créneau

Face à ce coup de tonnerre, les réactions divergent nettement.

Kawhi Leonard, via un communiqué transmis par son agent, adopte un ton apaisant et assumé : « L’intégrité et le respect pour ce jeu sont fondamentaux pour qui je suis. J’accepte l’entière responsabilité des erreurs de jugement commises par des personnes de mon premier cercle et je regrette la distraction que cette situation a causée aux fans et à ma famille. »

Il assure avoir signé son contrat avec les Clippers et les accords concernés « de bonne foi », sans connaissance d’une volonté de contourner le salary cap, et rappelle ses quinze années de carrière consacrées à sa famille, au jeu et à ses coéquipiers. Alors qu’il s’apprête à retrouver Toronto, Leonard insiste : il veut « fermer ce chapitre » et avancer « avec une page blanche ».

Le ton change radicalement du côté de la franchise.

Dans un communiqué cinglant, les Clippers « rejettent avec véhémence » les conclusions de la NBA, qu’ils décrivent comme le produit d’une enquête « fortement biaisée », menée pour valider un « récit prédéterminé » plutôt que s’appuyer sur les faits et les preuves. Le club affirme que ce qui lui a été dit en privé par la ligue diffère de l’annonce publique, et accuse la NBA de ne pas avoir respecté le standard d’équité et de précision promis au lancement de l’enquête.

Les Clippers rappellent avoir coopéré « pleinement et de bonne foi » durant l’année d’investigation et promettent désormais de « se battre tout aussi durement » pour prouver leur innocence. Le club entend « contester vigoureusement » les conclusions et les sanctions « par tous les moyens disponibles » et se dit impatient de voir un processus d’arbitrage « éthique et impartial ».

Une affaire qui dépasse le cas Leonard

Derrière les chiffres, les noms et les suspensions, une question domine : jusqu’où la NBA est-elle prête à aller pour protéger l’intégrité de son système de salary cap, à l’heure où les deals de sponsoring, les accords commerciaux et les réseaux de partenaires deviennent de plus en plus complexes et imbriqués avec les intérêts des joueurs ?

Les Clippers vont se battre sur le terrain juridique. La ligue, elle, vient de rappeler qu’elle n’hésitera pas à frapper très fort lorsqu’elle estime que la ligne rouge a été franchie.

La prochaine bataille ne se jouera ni sur un parquet, ni au buzzer. Elle se jouera devant les instances d’arbitrage, et pourrait redessiner les limites de ce qui est acceptable dans la course à la star.