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Ciryl Gane, champion poids lourd incontesté de l'UFC

Ciryl Gane, enfin roi incontesté des lourds à l’UFC. Et déjà remis en jeu.

Le Français a été officiellement promu champion poids lourd incontesté et défendra sa ceinture en novembre face à Josh Hokit, en combat principal de l’UFC 334, au Madison Square Garden. Un sacre obtenu sur tapis vert, mais qui l’envoie aussitôt dans l’œil du cyclone.

Un titre récupéré dans la controverse

Tout s’est joué en coulisses cette semaine. Tom Aspinall, toujours diminué après de multiples opérations aux yeux, a renoncé à son titre. Le Britannique n’a jamais vraiment récupéré du chaos de son affrontement d’octobre dernier avec Gane, conclu sur un no-contest dès le premier round après plusieurs eye pokes du Français. Le duel n’avait pas livré de verdict sportif, mais il a laissé des traces physiques durables.

En juin, Gane avait déjà remis un pied sur le trône en s’emparant de la ceinture intérimaire en stoppant Alex Pereira lors d’un événement organisé à la Maison Blanche. Une victoire immédiatement disséquée, certains spectateurs estimant qu’il avait multiplié les coups illégaux à l’arrière de la tête de son adversaire. Malgré ce climat électrique, la décision est tombée : avec Aspinall contraint de renoncer, l’intérimaire devient roi. Gane est désormais officiellement champion incontesté.

À 36 ans, le Français signe ainsi une première historique pour l’organisation : il devient le tout premier champion poids lourd incontesté de l’UFC après avoir déjà régné à deux reprises en tant que détenteur d’une ceinture intérimaire. Un paradoxe pour un homme qui a souvent flirté avec le sommet sans pouvoir, jusqu’ici, s’y installer durablement.

Hokit, le personnage qui dérange

Pour sa première défense, Gane ne sera pas opposé à un puriste du noble art du MMA, mais à un personnage qui divise : Josh Hokit. Connu pour son personnage façon WWE, l’Américain traîne une réputation de showman plus que de pur combattant. Un choix d’adversaire qui ne manquera pas d’alimenter les débats autour de la légitimité de cette première défense.

Le contraste est saisissant. D’un côté, Gane, technicien élégant, parfois accusé de manquer de méchanceté mais désormais entouré de soupçons liés à des gestes illégaux. De l’autre, Hokit, figure presque théâtrale, dont la présence en main event d’un UFC 334 déjà très médiatisé fait grincer des dents chez les puristes.

Une carte déjà chargée en symboles

L’UFC 334 ne se résumera pas au choc des lourds. En co-main event, une autre histoire de ceinture et de retour en grâce : Kayla Harrison défendra son titre face à Amanda Nunes, qui sort de sa retraite pour redevenir la chasseuse. L’ancienne reine revient pour défier son ex-coéquipière et tenter de reprendre le trône des bantamweights féminins. Un duel de générations, de statuts, et d’ego.

Entre le retour d’une légende et la première défense d’un champion fraîchement promu, la soirée new-yorkaise s’annonce explosive. Et Gane se retrouve au centre d’un scénario qu’il ne contrôle pas totalement.

Une ceinture à défendre… et une image à réparer

La trajectoire récente du Français raconte autant ses qualités que les zones d’ombre qui l’entourent. Un no-contest aux lourdes conséquences face à Aspinall. Un sacre intérimaire marqué par des accusations de coups illégaux sur Pereira. Puis une promotion au rang de champion incontesté décidée par la blessure et la vacance, non par un KO retentissant ou une domination sans appel.

Ce titre lui offre une place dans l’histoire. Il lui impose aussi une obligation : prouver, dans la cage, qu’il mérite d’être là. New York ne pardonne pas les faux rois.

Au Madison Square Garden, Ciryl Gane n’aura pas seulement une ceinture à défendre. Il aura, surtout, une vérité à imposer.