Charleston 2026 : un Classic sans filet et six programmes
Le calendrier est tombé, et avec lui le ton de l’édition 2026 du Shriners Children's Charleston Classic : six équipes, trois affiches indépendantes, aucun tableau, aucun titre à décrocher. Juste des chocs de novembre taillés pour tester les nerfs, les rotations… et les ambitions. Rendez-vous les 20 et 22 novembre au TD Arena de Charleston, en Caroline du Sud, pour deux jours qui diront très vite qui est prêt pour la saison NCAA, et qui ne l’est pas.
Jour 1 : Minnesota sous pression, retrouvailles historiques et duel d’anciens champions
Le rideau se lève le vendredi 20 novembre, et l’affiche d’ouverture plante immédiatement le décor.
À 12h30 (heure de la côte Est), Oklahoma State, fort d’une saison 20-15 conclue en deuxième tour du NIT, se frotte à Minnesota. Les Cowboys débarquent avec de vraies certitudes, notamment sur la ligne arrière avec le retour du senior Kanye Clary, auteur de 10,6 points et 4,6 passes de moyenne lors de l’exercice 2025-26. Un meneur qui sait imposer son tempo, dans un contexte de tournoi où chaque possession compte.
En face, Minnesota s’appuie sur un visage familier : Jaylen Crocker-Johnson. L’ailier fort senior, 13,4 points et 6,8 rebonds de moyenne la saison passée, reste le point d’ancrage des Golden Gophers. Sa capacité à tenir le rebond et à punir à l’intérieur pèsera lourd face à une équipe d’Oklahoma State qui aime courir. L’historique penche légèrement vers Minnesota (5 victoires à 3 face aux Cowboys), avec un dernier duel remontant à 2019. Mais ces chiffres ne protègent personne en novembre. Pas dans un match de ce type, joué sur terrain neutre, où l’intensité monte vite et les automatismes sont encore fragiles.
Trois heures plus tard, à 15h, place à un duel chargé de symboles : Northwestern – Virginia Tech. Deux anciens vainqueurs du Charleston Classic qui se recroisent sur le même théâtre. Northwestern avait soulevé le trophée en 2011, Virginia Tech en 2018. Deux programmes qui savent ce que signifie maîtriser une semaine à Charleston, gérer l’environnement, le rythme, les ajustements d’un jour sur l’autre. Cette fois, il n’y aura pas de coupe à la clé, mais un parfum de finale plane tout de même sur cette rencontre entre deux références récentes du tournoi.
À 17h30, la soirée se referme sur un bond dans le temps : Dayton – Utah, seulement le troisième chapitre d’une série commencée… dans les années 1950. Les Flyers avaient emporté le premier duel 77-73 en 1955, avant de voir Utah répliquer en 1958 (79-70). Puis plus rien, pendant plus de six décennies. Charleston devient donc la scène de retrouvailles tardives entre deux programmes qui n’ont plus croisé leurs destins depuis l’ère des matchs en noir et blanc. L’enjeu dépasse la nostalgie : dans une saison où chaque victoire de novembre peut peser en mars, ce genre de choc inter-conférences compte pour le CV.
Jour 2 : série à départager, duel ACC–Big 12 et balance historique à faire pencher
Le dimanche 22 novembre, le tournoi bascule dans une autre tonalité. Les staffs auront déjà une première lecture de leurs forces et faiblesses. Il faudra confirmer… ou corriger.
À 13h, Dayton retrouve le parquet pour affronter Northwestern. Une affiche qui, ces dernières années, a pris des airs de série à suspense. Les deux derniers affrontements se sont terminés sur le même score, 71-66. D’abord en faveur de Northwestern en 2023, puis avec la réponse de Dayton en 2024. Deux matchs serrés, deux scénarios jumeaux, et une impression tenace : ces deux programmes se tiennent dans un mouchoir de poche. Charleston offre un nouveau terrain neutre pour départager, au moins provisoirement, cette rivalité récente.
À 15h30, la tension monte encore d’un cran avec Virginia Tech – Oklahoma State. Un choc estampillé ACC – Big 12, entre deux équipes de la « Power Four » qui connaissent déjà le goût du postseason. Virginia Tech arrive avec une vraie tête d’affiche : Amani Hansberry, ailier fort senior, 14,3 points de moyenne la saison passée et membre de la NABC First Team All-East Region. Un joueur capable de plier un match par ses prises de position offensives et son activité des deux côtés du terrain. Face à lui, les Cowboys, toujours portés par leur campagne 20-15 et leur deuxième tour de NIT, chercheront un succès de prestige pour valider leurs ambitions de mars dès l’automne.
La journée se conclut à 18h avec Utah – Minnesota, un sixième épisode d’une série où les Utes mènent 3-2. La dernière confrontation remonte à 2019, avec une victoire d’Utah 73-69 à Salt Lake City. Les chiffres disent l’équilibre, le souvenir récent donne un léger avantage aux Utes, mais cette fois, pas de altitude ni de public acquis à une cause : juste la lumière neutre de Charleston, un parquet qui ne pardonne pas les trous d’air, et un Minnesota qui cherche à remettre les compteurs à égalité dans l’historique de la série.
Un Classic sans trophée, mais pas sans enjeux
Le Shriners Children's Charleston Classic entre dans sa 18e année d’existence. Un rendez-vous désormais bien ancré dans le calendrier NCAA, régulièrement utilisé comme baromètre de début de saison. Les éditions récentes ont vu défiler des champions comme Utah State et Clemson en 2025, Drake en 2024, Houston en 2023, College of Charleston en 2022, St. Bonaventure en 2021 ou encore Florida en 2020. Autant de programmes qui ont profité de ce tremplin de novembre pour se roder, se révéler ou se relancer.
L’édition 2026 change de format, mais pas de fonction. Sans tableau ni finale, chaque match devient un test isolé, presque clinique, pour jauger la maturité d’un groupe, la fiabilité d’un leader, la profondeur d’un banc. Pour Dayton, Minnesota, Northwestern, Oklahoma State, Utah et Virginia Tech, Charleston ne sera pas un simple décor de cartes postales historiques. Ce sera un laboratoire à haute intensité, où chaque possession de novembre peut déjà peser sur le récit de leur saison.
Reste une question simple, mais décisive : qui osera se comporter comme un candidat au mois de novembre, quand tout le monde prétend encore n’être qu’en rodage ?




