logo

Championship : premiers signaux d’alarme et vérités brutales

Quatre journées seulement, et déjà le classement de Championship commence à dessiner quelques vérités brutales. Rien n’est figé dans ce championnat qui avale les certitudes, mais certains départs comptent double quand viendra l’hiver.

Charlton, d’abord. Dix points en quatre matches, un rythme de candidat à la montée pour un club qui risque, tôt ou tard, de regarder vers le bas. Ce capital pris d’entrée pourrait valoir de l’or quand la lutte pour le maintien deviendra suffocante.

Devant, Swansea et QPR accompagnent Charlton en tête avec le même total. Swansea affiche une fluidité et une confiance qui sautent aux yeux. QPR aussi donne l’impression d’avoir trouvé très vite sa vitesse de croisière. Le problème, c’est qu’en Championship, on a déjà vu des équipes s’envoler en septembre pour s’effondrer en février. Rien n’est garanti, mais les bases sont là.

Plus bas, West Ham a connu un départ poussif, trois premières journées laborieuses, avant de rappeler son vrai statut en corrigeant Wolves. Une victoire nette qui réinstalle les Hammers dans la peau de favoris à la montée automatique. Ce groupe a trop de qualité pour végéter longtemps.

À l’autre extrémité, le décor est plus sombre. Preston a perdu ses quatre premiers matches. Zéro point, et déjà une pression qui monte. Burnley, lui, n’a toujours pas gagné et n’a pris que deux points. Stoke City ferme la marche du trio de bas avec trois unités. Rien de rédhibitoire à ce stade, mais les dynamiques comptent, et celles-là inquiètent.

Top 8 actuel :

  • Swansea – 10 pts
  • QPR – 10 pts
  • Charlton – 10 pts
  • Wolves – 7 pts
  • Boro – 7 pts
  • Bristol City – 7 pts
  • West Brom – 7 pts
  • Birmingham – 6 pts

Relégables provisoires :

  • Stoke City – 3 pts
  • Burnley – 2 pts
  • Preston NE – 0 pt

Dans ce championnat, une bonne ou une mauvaise série peut tout renverser. Mais certains clubs savent déjà que le temps va passer très vite.

Pas de Coupe d’Europe. Moins de voyages, moins de rotations forcées. Tottenham aborde septembre avec un calendrier allégé et une opportunité claire : empiler des points avant un mois d’octobre bien plus rugueux.

Le groupe de Roberto De Zerbi est quasiment stabilisé. Reste un dossier brûlant : l’avenir de Richarlison. Une fois son cas tranché, l’effectif aura enfin une vraie lisibilité. Et ce mois de septembre ne pardonnera pas les faux pas.

Programme de l’équipe masculine :

  • Forest (5 septembre)
  • Everton (12 septembre)
  • à Liverpool, EFL Cup (15 septembre)
  • Villa (19 septembre)

Face à Newcastle, les Spurs ont montré des promesses, du jeu, des séquences intéressantes… mais zéro point au bout. Ce genre de scénario ne peut pas se répéter éternellement. Contre Forest et Everton, Tottenham doit capitaliser. La visite à Anfield en EFL Cup offrira un test de caractère, tandis que la réception de Villa dira où se situe vraiment cette équipe dans la hiérarchie nationale.

Chez les femmes, une nouvelle ère s’ouvre aussi. Le départ de cadres comme Beth England et Molly Bartrip laisse un vide technique et symbolique. L’ossature change, les responsabilités se redistribuent. Curiosité légitime : à quoi ressemblera ce nouveau visage des Spurs ?

Programme de l’équipe féminine :

  • West Ham (6 septembre)
  • à Liverpool (13 septembre)
  • à Palace (20 septembre)
  • West Ham, League Cup (23 septembre)
  • Villa (27 septembre)
  • à Brighton, League Cup (30 septembre)

West Ham deux fois dans le mois, Liverpool, Palace, Villa… Un calendrier dense, mais pas insurmontable. Idéal pour poser des bases, installer des automatismes et mesurer, très vite, la solidité de ce projet renouvelé.

Plus de 300 millions de livres dépensés pour reconstruire une équipe qui a flirté dangereusement avec la relégation la saison passée. Le message est clair : la direction a choisi son entraîneur et lui a donné les moyens de façonner le vestiaire.

Des cadres sont partis, dont Cristian Romero et Guglielmo Vicario. Perdre ce type de profils n’est jamais anodin. Mais Tottenham a répondu par un recrutement massif, pensé pour hausser le niveau global.

Mateus Fernandes incarne ce changement de dimension : une recrue forte, une déclaration d’intention. Marcos Senesi et Andy Robertson, récupérés libres, représentent des coups d’une rare intelligence. Expérience, leadership, fiabilité : ce sont des signatures qui structurent un groupe.

Les Spurs ont aussi accepté de payer cher pour Savio, attendu comme un apport majeur sur l’aile. Sa capacité à faire la différence en un contre un et à casser les défenses placées sera scrutée dès les premières semaines. Omar Marmoush arrive, lui, avec un profil intéressant, capable de donner de la profondeur et de l’énergie à l’attaque.

Le cas Mykhailo Mudryk intrigue davantage. Sportivement, l’ajout n’est pas évident à lire. Où l’installer ? Comment l’intégrer dans les principes de De Zerbi ? Si le technicien italien parvient à le relancer, le bénéfice immédiat pourrait être réel. Mais la question plane : quel impact à long terme pour Tottenham si cette résurrection ne s’inscrit pas dans un projet durable avec le club ?

Sandro Tonali complète ce tableau : un gros calibre au milieu, un joueur taillé pour dicter le tempo et donner une identité claire au jeu. Sur le papier, la fenêtre de transferts frôle le sans-faute.

Tout renvoie désormais à une seule personne : De Zerbi. C’est à lui de transformer ce mercato ambitieux en résultats concrets.

Tout n’inspire pas la même confiance. Le départ de Will Lankshear laisse un goût d’inachevé. Un prêt, une trajectoire progressive semblaient possibles. Le club a sécurisé une clause de revente intéressante, mais la sensation persiste d’avoir laissé filer un potentiel à développer.

Dans le but, le doute est encore plus marqué. Martin Dubravka ne semble pas armé pour une vraie concurrence frontale avec Antonin Kinsky. Et Kinsky lui-même ne dégage pas encore cette assurance qui rassure une défense sur la durée d’une saison. Tottenham avait une fenêtre pour monter d’un cran à ce poste. Elle est restée entrouverte.

Au final, la note tombe : B+. Un mercato solide, ambitieux, cohérent dans l’ensemble, avec quelques zones d’ombre qui empêchent le sans-faute.

Reste la question essentielle : cette reconstruction massive fera-t-elle de Tottenham une équipe de haut de tableau… ou un laboratoire sous pression permanente ?