Carlos Alcaraz domine Tommy Paul et file en quarts de finale de l'US Open
À Flushing Meadows, Carlos Alcaraz remet le volume à fond. Et prévient déjà le tableau : son titre ne sera pas facile à lui reprendre.
Dimanche, sous les lumières de New York, l’Espagnol a balayé l’Américain Tommy Paul en trois sets secs, 6-4, 6-3, 6-4, pour filer en quarts de finale de l’US Open. Un score net, une impression encore plus brutale. Puissance, variations, sang-froid : le numéro un du moment en Grand Chelem a déroulé son tennis comme si ces derniers mois n’avaient été qu’une parenthèse.
Car c’est bien là le point de rupture de cette quinzaine. Alcaraz revenait d’une longue coupure, près de cinq mois sans compétition à cause d’une blessure au poignet. En arrivant à New York, il avait soigneusement baissé la température, jurant qu’il venait surtout « voir comment le corps allait réagir » et retrouver le plaisir de jouer. Pas de grandes déclarations, pas d’objectifs affichés.
Quatre matches plus tard, le discours a changé de hauteur, sans perdre son ancrage.
« Au début du tournoi je n’avais aucune attente. Je suis venu pour voir comment mon corps, surtout mon poignet, allait répondre, et avant tout pour profiter du fait de rejouer », a-t-il expliqué devant les médias.
Puis la phrase qui résume tout : après cette série, il se sent « capable de gagner le tournoi ». La confiance a rattrapé la prudence.
Sur le court, cela se voit. Le coup droit claque à nouveau, le revers tient la diagonale sans broncher, les montées au filet s’enchaînent avec une assurance retrouvée. Face à Tommy Paul, Alcaraz a contrôlé le tempo du début à la fin, étouffant les velléités de l’Américain dès que celui-ci tentait d’installer l’échange. Le score ne dit pas tout, mais il raconte déjà une chose : le champion sortant se rapproche de son meilleur niveau.
Cette victoire prolonge aussi une série qui commence à peser sur le circuit : 18 succès d’affilée en Grand Chelem. Une dynamique qui le porte, encore une fois, jusqu’aux quarts de finale de l’US Open. C’est déjà la cinquième fois en six participations qu’il atteint ce stade à New York. Une forme de routine, mais vécue comme un privilège.
« Pour moi, c’est toujours un cadeau de pouvoir rejouer et disputer un nouveau quart de finale ici à l’US Open, donc je vais essayer d’en profiter et de donner le maximum », a-t-il insisté.
Face à Tommy Paul, un autre détail a fait sourire les statisticiens. Chaque fois qu’Alcaraz avait croisé l’Américain en Grand Chelem, le scénario s’était terminé de la même façon : avec un trophée. Wimbledon 2024, Roland-Garros 2025, Australian Open cette année. Trois confrontations majeures, trois titres au bout du chemin. La victoire de dimanche prolonge cette curieuse coïncidence.
L’Espagnol, lui, refuse de s’y accrocher. « Ça fait plaisir de savoir ça, mais ça ne veut rien dire. Je dis toujours qu’il y a une première fois à tout, donc essayons de faire en sorte que ça n’arrive pas », a-t-il glissé, lucide sur la fragilité des séries.
Ce qui ne change pas, en revanche, c’est sa manière d’aborder le quotidien du tournoi. Il martèle la même idée depuis le premier tour : chaque entrée sur le court est un moment à savourer. La blessure au poignet a laissé des traces, pas dans le jeu, mais dans le regard qu’il porte sur sa carrière. L’urgence de gagner n’a pas disparu, elle s’est simplement mêlée à une gratitude plus visible.
La suite s’annonce plus rugueuse encore. En quart de finale, Alcaraz affrontera soit l’Américain Ben Shelton, soit le Grec Stefanos Tsitsipas. Deux profils très différents, un même danger. L’un, porté par le public et par un service dévastateur. L’autre, habitué aux grands rendez-vous, capable de hausser son niveau sur deux, trois sets sans prévenir.
« Les deux seront très difficiles à jouer », a-t-il reconnu, sans se projeter davantage.
Pour l’instant, le décor suffit : un tenant du titre qui revient d’une longue absence, un poignet qu’on disait fragile, une série de 18 victoires en Grand Chelem, et un tableau qui commence à se resserrer. Le tournoi entre dans sa zone de vérité. Alcaraz aussi.




