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Carlos Alcaraz brille à New York

Carlos Alcaraz accélère. Et New York commence à le sentir.

Le tenant du titre s’est offert une victoire nette, sèche, presque brutale face à Wu Yibing : 6-3, 6-4, 6-1, en un peu plus de deux heures sur le court de Flushing Meadows. Un score sans bavure, mais surtout une impression : celle d’un joueur qui revient de loin et qui, match après match, se rapproche de son meilleur niveau.

D’un poignet fragile à une main de fer

Il y a quelques semaines encore, le doute entourait le poignet droit d’Alcaraz. Sa rencontre du premier tour à l’US Open était son premier simple depuis 139 jours, une éternité à ce niveau, depuis cette blessure contractée en avril. Le retour s’annonçait délicat, presque expérimental.

Il a d’abord géré. Premier tour en trois sets, sans éclat mais sans alerte. Puis un avertissement au deuxième match : un set concédé à Jaime Faria, l’obligation de réagir, de s’arracher, de retrouver les automatismes de la haute compétition.

Face à Wu, ce n’était plus le même homme. Plus précis, plus tranchant, plus présent physiquement. Surtout, plus constant. Le Chinois a tenu un set, parfois deux ou trois jeux par séquence. Ensuite, la vague espagnole l’a submergé.

Alcaraz l’a reconnu lui-même : il se sent mieux que prévu. Il pensait souffrir après son entrée en lice, il se découvre en pleine montée en puissance. Le travail hors du court paie, le corps répond, l’esprit suit. Et cela se voit dans chaque prise de balle, chaque montée en cadence sur son coup droit, chaque variation de rythme.

Le tableau s’ouvre, l’appétit grandit

Il y a le niveau de jeu. Il y a aussi le décor qui se met en place autour de lui.

Le chemin vers un huitième titre du Grand Chelem s’éclaircit de jour en jour. Le numéro un mondial Jannik Sinner, blessé, n’est pas là. Le tableau masculin est emmené par Alexander Zverev, vainqueur de Roland-Garros et finaliste à Wimbledon, mais l’Allemand a déjà passé deux nuits très longues à New York, deux matches en cinq sets qui se sont étirés jusqu’à 2 heures du matin. La facture physique pourrait être salée plus tard dans le tournoi.

Statut de tête de série numéro deux oblige, Alcaraz ne peut croiser Zverev qu’en finale. Entre-temps, le décor s’est encore allégé : Novak Djokovic a quitté la scène dès le premier tour, surpris par Mariano Navone, tandis que Felix Auger-Aliassime, troisième tête de série, est tombé contre Karen Khachanov au deuxième tour.

Pour l’instant, un seul joueur du top 10 peut se dresser sur la route d’Alcaraz avant les demi-finales : Ben Shelton, huitième tête de série, porté par le public américain. Le rapport de force, sur le papier, est clair : trois confrontations, trois victoires pour l’Espagnol. Un peu plus loin, en demi-finale potentielle, se profile Daniil Medvedev, septième tête de série. Là encore, les chiffres parlent : 6-3 en faveur d’Alcaraz dans leurs duels. Mais le Russe, imprévisible, l’a déjà battu cette saison, à Indian Wells. Un rappel utile que rien n’est jamais écrit à l’avance.

Tommy Paul, le test suivant

Avant de rêver plus loin, un autre obstacle attend : Tommy Paul, tête de série numéro 20, prochain adversaire en huitièmes de finale. L’Américain connaît le très haut niveau, aime les grandes ambiances et ne recule pas devant l’échange long. Sur le papier, pourtant, le duel penche lourdement du côté espagnol : six confrontations, six victoires pour Alcaraz.

Ce genre de série dit quelque chose. Elle raconte un match-up favorable, une capacité à trouver les failles de l’autre, à imposer son tempo. Elle raconte aussi une pression supplémentaire : face à un public américain qui attend un exploit, Paul n’aura rien à perdre. Alcaraz, lui, sait qu’une défaite ferait tache au vu de son historique face au 20e mondial.

Mais le discours du champion est clair : il parle de rythme retrouvé, de niveau de jeu élevé, de progression match après match. Il insiste sur cette idée de tout donner à chaque entrée sur le court, de s’améliorer encore, de se rapprocher du point d’équilibre entre puissance, créativité et contrôle. À l’entendre, la machine n’est pas encore à plein régime. Ce qui, pour le reste du tableau, n’a rien de rassurant.

Zverev en embuscade, New York en attente

De l’autre côté, Alexander Zverev avance, cabossé mais toujours debout. Son parcours pourrait le mener vers Taylor Fritz, chouchou du public américain, ou vers Flavio Cobolli, finaliste à Roland-Garros. Le tableau se dessine, les trajectoires se croisent, les scénarios se préparent.

Au milieu de tout cela, une certitude se renforce : Alcaraz est de retour dans la conversation pour le titre. Il n’est pas seulement le tenant de la couronne, il redevient, jour après jour, l’un de ceux qu’il faudra renverser pour soulever le trophée.

New York aime les récits de résurrection et de domination retrouvée. Alcaraz, lui, a déjà commencé à écrire le sien. Reste à savoir jusqu’où ce poignet réparé peut le porter dans la nuit new-yorkaise.