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La Bundesliga rouvre ses portes : trois affiches à ne pas manquer

La Bundesliga est de retour. Les stades se remplissent, les débats repartent, et le calendrier propose déjà quelques rendez-vous à ne pas manquer. Le retour de Schalke 04, une vague de nouveaux entraîneurs, un promu inédit avec le modeste SV Elversberg – dont la ville n’a même pas de gare – donnent le ton d’une saison qui promet des histoires fortes à tous les étages.

Parmi ce premier week-end, trois rencontres se détachent. Trois tests grandeur nature pour mesurer l’état de forme des prétendants, des ambitieux et des revenants.

Bayern Munich – VfB Stuttgart : le champion face à l’insolent dauphin

Vendredi soir, l’Allianz Arena rallume les projecteurs pour l’ouverture de la saison. Le champion en titre reçoit un Stuttgart qui ne se contente plus de jouer les figurants. C’est l’affiche idéale pour lancer le championnat : un Bayern en reconstruction sous Vincent Kompany, face à une équipe qui vise à nouveau la Ligue des champions.

On a déjà entrevu les contours de ce Bayern nouvelle manière lors de la victoire 2-1 en Supercoupe contre Borussia Dortmund. Un détail a sauté aux yeux : Nathaniel Brown. Recrue estivale, latéral gauche de métier, il a été propulsé dans un rôle nettement plus offensif. Il a marqué pour sa première, en se projetant haut, presque comme un ailier. Kompany a ouvert une porte tactique intéressante. Jusqu’où ira-t-il dans cette idée, et à quelle fréquence verra-t-on Brown dans ce registre agressif ? La réponse commencera à s’écrire dès ce week-end.

Pour le reste, le Bayern a ressemblé à une version assez familière de lui-même. Michael Olise a lui aussi marqué, confirmant que la ligne offensive, déjà redoutable, s’est enrichie d’un profil capable de casser les défenses sur un geste, une accélération, un appel.

En face, Stuttgart arrive avec une certitude majeure : avoir conservé Deniz Undav. C’est sans doute leur meilleure opération de l’été. Le buteur allemand sort d’une saison à 25 buts en 45 matches officiels. Des chiffres de leader offensif. Son nouveau contrat prolonge bien plus qu’une simple histoire entre un joueur et un club : il prolonue l’élan d’un collectif qui a goûté aux hauteurs et ne veut plus redescendre.

Lors du succès en DFB Pokal contre Hansa Rostock le week-end dernier, Undav a évolué juste derrière Dzenan Pejcinovic. Un duo, une complémentarité, des repères déjà visibles. Certes, l’adversaire venait de troisième division, mais l’animation offensive a envoyé un signal clair : Stuttgart ne renonce pas à son football ambitieux.

Vendredi, les Souabes savent ce qui les attend : courir sans ballon, défendre bas par séquences, accepter de subir de longues phases de possession bavaroise. Mais ils savent aussi qu’ils ont de quoi piquer. S’ils exécutent leur plan à la perfection, ils peuvent transformer l’ouverture de la saison en premier avertissement pour le reste du plateau. On ne s’endort jamais sur un match d’ouverture. Encore moins quand Stuttgart se présente avec Undav en pointe de lance.

Borussia Dortmund – Hamburger SV : un Topsiel qui sent la poudre

Samedi soir, le traditionnel Topspiel met aux prises Borussia Dortmund et Hamburger SV. Sur le papier, un duel entre un prétendant au titre et un club qui entame seulement sa deuxième saison de retour dans l’élite. Sur le terrain, la promesse d’un match ouvert, rythmé, potentiellement spectaculaire.

Dortmund sort de la Supercoupe avec des regrets, mais aussi des motifs d’optimisme. En seconde période contre le Bayern, le BVB a montré un visage beaucoup plus tranchant. Fabio Silva a marqué, Maximilian Bauer a frôlé l’égalisation en fin de match – une occasion qu’il aurait dû convertir. L’équipe a laissé l’impression d’un collectif encore en rodage, mais déjà capable de hausser le ton.

Le mercato raconte la même histoire : celle d’un club qui a massivement investi pour affiner son idée de jeu. Près de 110 millions d’euros dépensés, dont une double signature qui a marqué les esprits : Konstantinos Karetsas, arrivé de Genk pour 30 millions, et Giannis Konstantelias, recruté au PAOK pour 26 millions. Deux internationaux grecs pour animer les zones offensives derrière Serhou Guirassy, au cœur d’une refonte de l’attaque.

Dans l’entrejeu, Joey Veerman, débarqué du PSV pour 22 millions, change le profil du milieu. Le Néerlandais apporte ce que Dortmund a parfois cherché la saison passée : un organisateur calme, capable de dicter le tempo, de casser une première ligne de pressing par une passe verticale propre. À ses côtés, Felix Nmecha reste le moteur box-to-box, celui qui donne du volume et du liant. L’idée n’est pas de renier le 3-4-2-1 cher à Niko Kovač, mais de rendre ses pièces centrales plus créatives, plus dangereuses, plus constantes.

Hamburger SV, lui, avance avec des moyens plus modestes, mais une ligne directrice claire. Treizième la saison passée pour son retour parmi l’élite, le club du nord veut maintenant s’installer durablement dans le ventre solide du championnat. Les chiffres du mercato parlent : environ 12,5 millions d’euros dépensés, 10 millions récupérés. Pas de folie, mais quelques paris ciblés.

Le nom à surveiller se connaît déjà : Albert Grønbaek. Arrivé en prêt l’hiver dernier, souvent freiné par les blessures, le Danois a été définitivement recruté pour un peu moins de 5 millions d’euros, ce qui en fait la plus grosse dépense du club sur cette fenêtre. Depuis le début de la préparation, il ressemble à un joueur transformé. Plus libre, plus tranchant, décisif en buts comme en passes lors des matches amicaux. Son profil de milieu offensif capable de se projeter dans la surface et de trouver la dernière passe peut changer le visage d’un HSV parfois trop timide loin de chez lui… sauf que, justement, à l’extérieur, les Hambourgeois ont brillé la saison passée.

Le club ne semble pas avoir refermé son mercato. La direction pousse pour faire revenir Fabio Vieira, ancien prêté d’Arsenal, pour 7 millions d’euros plus bonus. Le milieu offensif a marqué les esprits au Volksparkstadion, au point de devenir l’une des priorités de l’été. S’il revient, l’HSV gagnera un créateur supplémentaire entre les lignes, capable de soulager Grønbaek et d’offrir d’autres circuits à l’attaque.

Samedi, Dortmund cherchera à imposer son empreinte d’entrée. Dominer le ballon, tester immédiatement son nouvel arsenal offensif, mettre sous pression une défense hambourgeoise qui a parfois vacillé. Mais impossible d’écarter l’hypothèse d’un coup venu du nord. L’HSV voyage bien, l’a prouvé la saison dernière, et n’avait cédé que 3-2 dans cette même affiche.

La Bundesliga redémarre avec des promesses, des doutes, des certitudes fragiles. Reste à savoir qui, dès ce premier week-end, saura transformer les intentions de l’été en points bien réels.