Asian Games 2026 : matinée intense pour le sport indien
La journée d’Aichi-Nagoya s’est ouverte sur un long tourbillon d’émotions pour la délégation indienne. Des retours renversants, des éliminations cruelles, des espoirs encore vivants. Panorama d’une matinée où l’Inde a tout connu, sauf l’indifférence.
Badminton : Lakshya Sen renverse Naraoka, l’Inde mène le Japon
Dans l’arène du badminton masculin par équipes, Lakshya Sen a signé l’un de ces matches qui marquent un tournoi.
Face au numéro 7 mondial Kodai Naraoka, l’Indien démarre mal : 11-21 dans le premier jeu, débordé, en retard sur l’échange, dominé dans les filières longues. On le croit alors promis à une sortie discrète. La réponse est brutale.
Lakshya se réorganise, accélère en attaque, prend la filière courte et écrase le deuxième jeu 21-5. Un renversement total, presque déroutant pour le Japonais. Le vrai bras de fer se joue dans la manche décisive. Naraoka mène de cinq points, l’Indien semble à nouveau vaciller. Mais cette fois, il refuse de lâcher.
Point après point, Lakshya remonte, impose le rythme, serre le jeu en fin de set et arrache la victoire 2-1 (11-21, 21-5, 21-19). L’Inde mène 1-0 dans ce quart de finale par équipes contre le Japon. Satwik-Chirag entrent désormais sur le court face au duo Hoki-Kobayashi avec la possibilité de creuser l’écart. Le ton du duel est donné.
Gymnastique artistique : Pranati Nayak aux portes du podium
Sur le saut de cheval féminin, Pranati Nayak a frôlé le rêve. L’Indienne pointe actuellement à la quatrième place avec un total de 12,916.
Elle signe un premier saut solide, noté 13,000, avant de légèrement fléchir sur le deuxième, jugé à 12,433. La régularité lui manque pour se hisser sur le podium, mais la performance reste de haut niveau dans un concours dense. Si les notes tiennent, elle quittera la salle avec la satisfaction d’avoir tenu son rang dans une finale relevée.
Escrime : Taniksha Khatri stoppée en huitièmes
La matinée avait offert un premier rayon de soleil à l’escrime indienne. En épée individuelle, Taniksha Khatri s’était extraite de la phase de poules avec une troisième place dans le groupe 4, puis avait dominé la Thaïlandaise Natpapat Sangngio 15-10 en tableau de 32.
La marche suivante s’annonçait vertigineuse : Sera Song, championne du monde en titre, pour un huitième de finale sans filet. L’Indienne se bat, mais la Sud-Coréenne impose sa loi, 15-9. Fin de parcours, nette mais honorable, face à la référence mondiale de la discipline.
Chez les hommes en fleuret, la journée tourne court. Hemash Singh Sanasam, qui menait 6-5 après la première période, s’écroule face au Kazakh Galim Nurumov et s’incline 15-9 en tableau de 32. Sachin subit le même sort, battu 15-9 par Timofey Semyonov. Les deux fleurettistes quittent la compétition dès leur premier match à élimination directe.
Wushu : Hanjabam Langlentombi Devi s’arrête au pied du top 8
En Nanquan & Nandao, Hanjabam Langlentombi Devi termine neuvième avec un total de 18,839. Neuvième en Nanquan (9,403), elle grappille une place en Nandao pour finir huitième (9,436).
Une prestation propre, appliquée, mais qui la laisse encore un cran derrière le cercle des prétendantes aux médailles. Les bases sont là, le niveau aussi. Il lui manque encore ce supplément de difficulté et de netteté qui fait basculer un classement.
Tir : Parth Mane – Elavenil Valarivan, du record du monde… à la 4e place
Le 10 m carabine mixte a offert à l’Inde un condensé de promesses et de frustrations.
Parth Mane et Elavenil Valarivan se qualifient pour la finale avec un total de 634,6, deuxième meilleure marque derrière la Chine, qui claque un nouveau record du monde en qualifications avec 638,9. La voie vers le podium semble ouverte.
En finale, pourtant, la machine se grippe. Après la première série, l’Inde est déjà dernière (103,6), derrière la Chine (107,2), la République de Corée et le Japon. La tendance ne s’inverse pas : 207,9 après la deuxième série, 312,3 après la troisième. Le duo ne parvient jamais à se rapprocher des trois premières équipes.
Au bout du compte, l’Inde termine quatrième avec 376,3, au pied du podium. La Chine s’envole vers l’or avec un nouveau record du monde (507,1), la République de Corée prend l’argent (502,9), le Japon le bronze (439,7). Une finale atteinte, mais une médaille qui s’échappe.
Natation : le relais 4x100 m 4 nages en finale
Dans le bassin, les relais indiens continuent de s’installer dans le paysage asiatique. Le quatuor Rishabh Das, Danush Suresh, Benedicton Rohit et Akash Mani boucle les séries du 4x100 m 4 nages en 3’40’’41.
Septième temps sur seize équipes, suffisamment pour décrocher une place en finale programmée à 14h55 (IST). L’Inde sera loin des favoris pour le podium, mais présente dans la course qui compte. Un pas de plus pour une discipline encore en construction au plus haut niveau continental.
Cricket féminin : Mandhana en feu, l’Inde pose un total XXL
Sur le terrain de cricket, les battes indiennes ont parlé fort. En finale du WT20I féminin face au Sri Lanka, l’Inde empile 216/3, son troisième total le plus élevé dans ce format.
Smriti Mandhana mène la charge avec un 79 fulgurant en 45 balles. À ses côtés, Shafali Verma s’arrête à 48 sur 29 livraisons, tandis que Richa Ghosh frappe 49 en seulement 22 balles. Une attaque sans répit, une feuille de score qui met une pression maximale sur Chamari Athapaththu et ses partenaires.
Le titre se jouera désormais dans la capacité des Indiennes à défendre ce total, mais le message est clair : offensivement, elles ont frappé très fort.
Tennis soft : montagnes russes pour Aadhya Tiwari et Aryan Thakur
En soft tennis, la journée illustre la fragilité des équilibres.
Chez les femmes, Aadhya Tiwari démarre son tournoi par une défaite 1-4 face à Alisha Ziegler dans le groupe D, malgré un premier set remporté (4-1, 0-4, 0-4, 2-4, 4-6). Elle se reprend ensuite en dominant Kainaat Shallwani 4-0 (4-2, 5-3, 4-1, 5-3) et signe ainsi sa première victoire dans la compétition.
Chez les hommes, Aryan Thakur commence parfaitement avec un succès 4-0 contre Bold-erdene Altangerel, mais son deuxième match tourne au cauchemar. Il s’incline 0-4 (1-4, 2-4, 2-4, 1-4) face à Chen Po-Yi. Conséquence directe : l’Inde termine deuxième du groupe C et Aryan manque la qualification pour le tableau final à huit.
À l’opposé, Jay Meena réussit son entrée. Cousin de Dev Meena, recordman national du saut à la perche, il domine Hussain Arain 4-0 (4-2, 4-0, 4-2, 4-0) et file en phase à élimination directe.
Tennis de table : les femmes en quarts, les hommes balayés
Deux ambiances, deux destins.
Chez les hommes, le parcours s’arrête brutalement en huitièmes de finale par équipes. La République de Corée ne laisse aucune ouverture et s’impose 3-0. Harmeet Desai cède le premier simple 1-3 (11-8, 7-11, 8-11, 9-11) face à Jang Woojin. Manush Shah, lui, se fait rejoindre et battre au bout du suspense par Oh Junsung en cinq manches. An Jaehyun conclut l’affaire en dominant Manav Thakkar 3-1 (12-10, 11-6, 7-11, 12-10). Une campagne décevante pour une équipe deux fois médaillée de bronze par le passé.
Chez les femmes, le scénario est tout autre. L’Inde arrache un succès 3-2 contre la Thaïlande au terme d’un duel haletant. Sreeja Akula, d’abord battue après avoir mené 2-0 contre Orawan Paranang, se rattrape magnifiquement dans le match décisif. Elle domine cette fois Suthasini Sawettabut 3-1 (9-11, 11-6, 12-10, 11-8) et envoie l’équipe en quarts de finale, où l’attend la Corée du Nord.
Entre-temps, Yashaswini Ghorpade s’est illustrée avec deux victoires majeures : un retour héroïque 3-2 contre Suthasini Sawettabut, puis un succès net 3-0 (11-5, 11-8, 11-9) sur Orawan Paranang pour remettre l’Inde à flot. Diya Chitale, elle, s’incline 2-3 dans un match serré face à Jinnipa Sawettabut. Mais la dynamique collective tient, et l’Inde reste en vie dans le tableau féminin.
Kabaddi : l’Inde déroule, le titre reste en ligne de mire
En kabaddi masculin, le champion en titre ne tremble pas. L’Inde signe une deuxième victoire de rang en phase de groupes en surclassant la Corée 63-31 dans le groupe A.
Une démonstration. L’écart se creuse rapidement, la maîtrise ne se discute jamais. La défense verrouille, l’attaque enchaîne les raids réussis. La route vers les phases finales semble parfaitement balisée.
Esports, sepaktakraw, karaté : petits détails, grandes conséquences
Sur eFootball, les Indiens Chinmay Sahoo et Danial Patel débutent leur groupe D par un nul 0-0 face aux Ouzbeks Abubakir Iminjonov et Farrukh Mirkhamitov. Un point pris, une marge de progression évidente, mais aucune erreur majeure pour commencer.
En sepaktakraw masculin, la marche reste haute. L’Inde s’incline 1-2 (13-15, 15-11, 6-15) dans le premier match de sa deuxième rencontre du groupe B face à la Malaisie, puis voit l’adversaire prendre une avance irrattrapable avec un deuxième match perdu 0-2 (15-9, 15-12). La Malaisie finit par balayer l’Inde 3-0, malgré une résistance par séquences.
En karaté, la journée laisse un goût amer. En kumite -84 kg, Chetan Bhatt s’incline 0-8 en demi-finale contre le Jordanien Mohammad Alja’Fari, puis perd le combat pour le bronze contre Chung Meng-yu. Le score final est de 1-1, mais le représentant de Chinese Taipei décroche la médaille grâce au premier yuko inscrit. Un détail, une règle, et une médaille qui s’envole.
En -55 kg féminin, Alisha Choudhary perd 1-6 contre l’Indonésienne Cok Istri Agung Sanistyarani en huitièmes de finale. Elle pouvait encore espérer un repêchage, mais la défaite de Sanistyarani en demi-finales ferme définitivement la porte au bronze. Double peine.
Équitation : l’Inde loin des médailles en concours complet
Le concours complet débute par le dressage, et l’Inde découvre tout de suite l’ampleur du défi.
Avec Willy be Dun, son hongre bai de 14 ans, Ashish Limaye signe la meilleure performance indienne : 35,50 de score, 64,47 % de moyenne et une 14e place. Fouaad Mirza, double médaillé d’argent asiatique, obtient 38,70 points (61,33 %) avec Camouflage 38 et se classe 26e. Arjan Singh Nagra, associé à Cooley Goodwood, fait légèrement mieux avec 38,20 (61,80 %) et termine 23e.
Dans un peloton de 32 cavaliers où seuls trois dépassent les 70 %, la Chine, avec Tian Hua et son Irish Sport Horse Manjushri, mène le bal. La Thaïlande et le Japon complètent le top 3 provisoire.
Au classement par équipes, l’Inde pointe à la septième place sur huit avec un total de 112,40, loin de la tête occupée par le Japon (91,60). Le dressage n’est que le premier volet avant le cross et le saut d’obstacles, mais la marge à combler s’annonce considérable.
Sur tous les terrains, l’Inde a touché du doigt ses limites et ses ambitions. Entre les victoires arrachées, les médailles manquées d’un rien et les totaux records à défendre, une question s’impose : jusqu’où cette délégation peut-elle transformer ces éclairs en podiums durables dans la suite des Jeux ?




