Asia Cup féminin : l’Inde écrase le Sri Lanka en finale
Sous les projecteurs de Dubai, l’Inde a livré exactement le match qu’elle s’était promis depuis deux ans. Battues en finale de l’Asia Cup 2024 par Sri Lanka, les joueuses de Harmanpreet Kaur ont répondu avec une démonstration de puissance au bâton puis de contrôle au ballon, pour défendre un total imposant de 183/5 et faire vaciller très vite la poursuite adverse.
Sri Lanka n’a jamais vraiment été dans la course. Le moment clé est arrivé tôt : le guichet de Chamari Athapaththu, tombée à 36 sur 32 balles, a fait basculer une finale déjà sous pression.
Smriti et Shafali ouvrent les vannes
Harmanpreet Kaur gagne le toss et choisit sans hésiter de frapper en premier. Décision assumée, et très vite justifiée.
Smriti Mandhana et Shafali Verma installent d’entrée un ton agressif. Dès la première over de Mithali Ayodhya, Smriti trouve la première limite, guidant la balle derrière point. Shafali, elle, patiente trois balles avant d’entrer dans le match, mais dès la deuxième over, le ton change : un coup de poing sur l’arrière-pied à travers les couvertures, puis un slog sweep au-dessus du mid-wicket, et la pression glisse déjà sur l’attaque sri-lankaise.
Kavisha Dilhari, puis Sugandika Kumari, puis Chamari Athapaththu elle-même : aucune ne parvient à freiner l’élan. Shafali matraque Athapaththu avec un quatre puis deux six dans la cinquième over, atteignant la trentaine en un éclair. Au bout de six overs, l’Inde est déjà à 57/0, un PowerPlay maîtrisé, presque insolent de facilité.
La suite est encore plus cruelle pour Sri Lanka. Shafali enchaîne les coups à l’intérieur-out, les frappes entre deep mid-wicket et square leg, et atteint sa 21e demi-centre dans ce format. C’est sa troisième dans cette édition, preuve d’une régularité devenue arme majeure de cette équipe. À l’autre bout, Smriti accompagne, puis accélère à son tour : six sur un sweep majestueux, puis un inside-out sur Athapaththu pour un autre quatre. Elle lève sa propre cinquantaine, l’Inde passe les 100, puis les 120 sans perdre un seul guichet.
À 121/0 après 12 overs, Sri Lanka revit le cauchemar de 2024, mais dans l’autre sens.
Le tournant : deux guichets, mais trop tard
Le premier souffle d’air pour Sri Lanka arrive par… un malentendu. Après que Chamari Athapaththu est revenue au lancer, Harmanpreet Kaur et Smriti se retrouvent au milieu du pitch sur un simple qui n’existe pas. Smriti, 59 sur 39 balles, sacrifie sa présence pour sauver sa capitaine. Un run-out évitable, mais qui met fin à une ouverture presque parfaite.
Shafali avait déjà quitté la scène un peu plus tôt, l’article source ne détaillant pas son mode de sortie, mais le résultat est là : en quelques minutes, les deux piliers de l’entame sont de retour sur le banc, et l’Inde doit reconstruire.
Richa Ghosh arrive, puis Harmanpreet tente de relancer la machine. Les limites se font plus rares : pendant 18 balles, aucun quatre ni six. Sri Lanka resserre les lignes, Chamudi Praboda et Sugandika Kumari trouvent du rythme, et le milieu de manche se crispe.
Le verrou saute lorsque Richa décide de forcer le destin. Face à Mithali Ayodhya, elle claque un énorme six au-dessus de deep mid-wicket, puis enchaîne avec un quatre sur le côté off. L’Inde repart de l’avant, grimpe à 160/2 après 17 overs, et la perspective des 180 se dessine.
Chamari Athapaththu arrache un moment de révolte : elle fait tomber Richa, prise par Kavisha Dilhari à extra-cover après une frappe agressive. L’over suivant, Mithali Ayodhya frappe deux fois : Harmanpreet est cueillie à deep mid-wicket, puis Deepti Sharma est run-out sur une tentative de deuxième run, brillante combinaison entre Vishmi Gunaratne et la lanceuse.
Sri Lanka finit fort, mais le mal est fait. La dernière over de Sugandika Kumari confirme la tendance : quelques simples, un inside edge chanceux pour quatre, puis un six final signé Inde. Le tableau s’arrête à 183/5. En finale, face à une équipe qui a souvent souffert en poursuite, c’est un total massif.
La poursuite sri-lankaise s’effrite
Pour espérer, Sri Lanka devait démarrer vite et propre. Le plan vole en éclats dès la première over. Kranti Gaud commence par concéder un scoop pour quatre à Imesha Dulani, mais répond immédiatement : Dulani tente le même coup, rate, et voit sa jambe de côté s’envoler. 6/1, l’Inde a déjà son premier coup de griffe.
Vishmi Gunaratne, revenue dans le onze après son entorse à la cheville survenue plus tôt dans le tournoi, rejoint Chamari Athapaththu. Elle se remet vite dans le bain, en marchant vers l’outswinger de Nandani Sharma pour la frapper à travers backward point pour quatre. Mais la soirée de Vishmi restera marquée par la douleur : plus tôt dans la journée, elle avait dû quitter le terrain sur civière, une image forte dans ce final.
Chamari, elle, tente de tenir le navire. Elle déverrouille enfin le champ en loftant Nandani au-dessus des couvertures, puis en frappant Kranti avec autorité. Face à Shafali Verma, appelée au lancer après son cinquante, la capitaine envoie un six plat et long au-dessus de square leg, puis un quatre au-dessus de mid-on. À 33/1 après cinq overs, Sri Lanka reste dans le coup, mais chaque run semble coûter plus cher que dans l’inning indien.
L’Inde, elle, ne panique pas. Les dot balls s’enchaînent : après quatre overs, 14 des 23 balles jouées par Sri Lanka sont des points vierges. Les limites existent, mais elles ne suffisent pas à masquer la pression grandissante.
Deepti frappe au cœur : Chamari puis Vishmi
Le match bascule définitivement au dixième over. Deepti Sharma, jusque-là discrète avec la batte, prend le ballon pour sa deuxième over. Chamari Athapaththu décide d’attaquer. Elle s’avance, tente un gros coup, manque la balle. Richa Ghosh, imperturbable, garde la balle en main et démonte les stumps. Chamari doit partir pour 36 sur 32 balles. C’est le guichet que l’Inde voulait, celui que Sri Lanka ne pouvait pas se permettre de perdre.
À 63/2, la poursuite chancelle. Harshitha Samarawickrama arrive, héroïne de la finale 2024, mais cette fois, le scénario ne lui sourit pas.
La pression se transforme en effondrement quelques balles plus tard. Vishmi Gunaratne, qui avait déjà flirté avec le danger sur ses sweeps, insiste. Elle tente à nouveau le coup, expose son leg stump, et voit Deepti le frapper plein centre. 20 sur 22 pour Vishmi, mais un moment fatal pour Sri Lanka. En une seule over, Deepti arrache les deux piliers de la poursuite.
À 63/3, l’Inde “bien et véritablement” aux commandes, comme le dit le fil de match, n’a plus qu’à gérer.
Un contrôle sans trembler
Les overs suivants ressemblent à une longue asphyxie. Shafali revient au lancer, Nandani et Charani tiennent les lignes, les singles se font rares, les tentatives de sweeps de Harshitha et Nilakshi Silva ne rapportent que des runs isolés.
Harshitha tente la reverse sweep, puis le sweep classique. Les balles trouvent les champs, pas les cordes. Les deux joueuses grappillent, deux ici, une là, mais la required rate grimpe, implacable. À 69/3 après 11 overs, le tableau est sans appel : l’Inde a 183 en banque, Sri Lanka n’a plus sa capitaine ni son numéro trois, et le temps manque.
Le fil s’interrompt à 12 overs, Sri Lanka à 69/3, Harshitha et Nilakshi encore en place. Mais l’impression laissée par cette finale est déjà limpide : l’Inde a imposé son tempo du premier au dernier instant où nous avons des données, par la batte puis par le ballon, en corrigeant point par point les failles exposées en 2024.
Une réponse de championnes
Cette finale raconte deux histoires. Celle d’une ouverture indienne flamboyante, portée par Smriti Mandhana et Shafali Verma, qui ont posé les fondations d’un total de grande finale. Et celle d’un milieu de match où l’Inde, malgré un léger trou d’air et quelques guichets perdus en fin d’inning, a su garder la tête froide pour finir au-dessus des 180.
De l’autre côté, Sri Lanka a vécu une soirée de frustrations : l’entorse de Vishmi Gunaratne, le départ précoce d’Imesha Dulani, puis le double coup de massue signé Deepti Sharma sur Chamari et Vishmi. Trop de coups encaissés, trop tôt.
Reste une question, déjà : ce match marque-t-il le début d’un nouveau cycle de domination indienne en Asie, ou Sri Lanka trouvera-t-il à son tour les réponses à ce niveau d’intensité lors de la prochaine édition ?




