Aryna Sabalenka poursuit sa série à l'US Open : victoire contre Townsend
Aryna Sabalenka, la série en marche : Townsend balayée, Serena Williams en ligne de mire
Dans la touffeur de Flushing Meadows, Aryna Sabalenka a encore ajouté un chapitre à une série qui commence à peser lourd dans l’histoire du tournoi. Bousculée, sifflée par un public largement acquis à la cause de Taylor Townsend, la Biélorusse a tenu le choc, puis refermé la porte avec une froide brutalité : 6-4, 6-3, en 1h15. Sixième quart de finale consécutif à l’US Open. Dix-huitième victoire de rang à New York. Et toujours cette impression qu’elle joue ici chez elle.
Face à elle, Townsend avait pourtant décidé de faire le show. Entrée sur le court dans une longue tenue noire à plumes, la spécialiste de double a imposé d’emblée son style agressif, montées au filet à répétition, retours claqués, variations à tout-va. Résultat : un début de match complètement débridé, cinq breaks consécutifs, les services en miettes, les échanges sous haute tension.
Sabalenka, elle, a tenu la ligne. Un pas en arrière, puis deux en avant. Quand la poussière retombe, c’est elle qui mène 6-4, après avoir dû servir une deuxième fois pour le set tant Townsend refusait de lâcher prise. Rien de clinique, rien de tranquille. Mais diablement efficace.
Le deuxième set bascule un instant. Townsend s’enflamme, mène 3-1, le stade se lève, sent l’exploit possible. Sabalenka, dos au mur, se retrouve face à ce genre de scénario qui, par le passé, a parfois fissuré son mental. Pas cette fois. Réponse immédiate : break blanc. Puis une série implacable. Cinq jeux de suite, seulement cinq points concédés. L’Américaine disparaît du tableau de bord, avalée par la puissance et la précision de la numéro un mondiale.
Au bout, le score paraît sec. Le combat, lui, ne l’a pas été. Sabalenka l’a reconnu : il a fallu rester dans une bulle, point par point, balle par balle, pour ne pas se laisser happer par l’ambiance ni par les fulgurances adverses. Cette fois, elle a tenu, là où elle s’est parfois égarée dans les grands soirs tendus.
Cette victoire prolonge une invincibilité qui s’étire désormais sur trois éditions : titrée en 2024, titrée en 2025, toujours debout en 2026. Trois ans sans défaite à l’US Open, dix-huit succès d’affilée, et un parallèle qui s’impose : Sabalenka devient la première joueuse à atteindre six quarts de finale consécutifs à New York depuis Serena Williams en 2016. La même Serena qui reste, pour l’instant, la dernière à avoir enchaîné trois titres d’affilée ici. Sabalenka n’est plus qu’à trois victoires de la rejoindre dans ce cercle minuscule.
La pression ne se limite pas au prestige. Pour espérer conserver sa place de numéro un mondiale, la Biélorusse sait qu’elle doit soulever le trophée dimanche. Chaque match prend alors des allures de finale déguisée. Pour l’instant, elle avance sans faiblir : depuis 2020, elle n’a plus manqué une seule demi-finale à l’US Open. Une constance rare, presque déroutante, à ce niveau.
En quart, elle retrouvera une autre championne en pleine ascension : Linda Noskova. Lauréate de Wimbledon cet été, la Tchèque, tête de série numéro 6, a survécu à un véritable marathon émotionnel face à Marta Kostyuk : 7-5, 5-7, 6-4, après deux heures et demie de montagnes russes.
Noskova a servi pour le match dans le deuxième set, obtenu deux balles de match à 5-3… avant de tout voir s’effriter. Kostyuk s’accroche, renverse la manche, arrache un troisième set. Le scénario se répète presque dans la manche décisive : la Tchèque mène 5-3, se procure quatre nouvelles balles de match éparpillées sur deux jeux, laisse filer, tremble, recule d’un pas. Mais ne rompt pas. La sixième opportunité est la bonne. Elle s’écroule au sol, vidée, plus soulagée que triomphante.
« Ce match était tellement dur, émotionnellement plus encore que physiquement », confiera-t-elle ensuite. Et cela se voyait. À chaque point raté sur balle de match, le visage se fermait un peu plus, le bras se raidissait. Il a fallu tout reprendre à zéro dans le troisième set, réapprendre à avancer malgré les occasions gâchées.
Ce sera donc Sabalenka–Noskova pour une place en demi-finale. D’un côté, la patronne des lieux depuis trois ans, qui refuse de laisser filer sa saison sans un titre majeur après une sortie prématurée à Wimbledon. De l’autre, la nouvelle reine du gazon, qui commence à s’installer dans les ultimes tours des grands rendez-vous.
Sabalenka tient une dynastie naissante à New York. Noskova arrive lancée, libérée après avoir exorcisé ses démons de balles de match. Le choc dira si la Biélorusse poursuit sa course vers l’ombre de Serena Williams… ou si la relève décide d’accélérer le passage de témoin.




