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Aryna Sabalenka interrompue par une odeur de cannabis à l'US Open

Au Louis Armstrong Stadium, ce n’est pas un revers croisé ni un ace qui a interrompu Aryna Sabalenka. C’est une odeur. Lourde, insistante, impossible à ignorer.

La numéro 1 mondiale menait déjà 3-0 face à Kamilla Rakhimova, troisième tour de l’US Open, quand elle a soudainement stoppé sa routine au service. Raquette en main, Sabalenka s’est avancée vers la chaise d’Eva Asderaki-Moore et a pointé les tribunes, visiblement agacée par un parfum qui n’a rien à voir avec le vernis clinique du tennis de haut niveau.

« Someone is smoking weed. Would you mind to... because it's so strong », a-t-elle lancé à la juge de chaise, en anglais. Message clair, geste explicite. Asderaki-Moore a aussitôt contacté les officiels, mimant une cigarette pour alerter le personnel. Quelques instants plus tard, des membres de l’équipe de l’US Open se sont dispersés dans les gradins pour tenter d’identifier la source de cette odeur de cannabis qui flottait au-dessus du court.

L’interruption a été brève. Sabalenka, elle, n’a pas laissé la fumée brouiller ses lignes.

Une gêne tenace autour de Flushing Meadows

Cet épisode ne tombe pas de nulle part. Le Billie Jean King National Tennis Center jouxte Flushing Meadows-Corona Park, où la consommation récréative de cannabis est légale pour les adultes de 21 ans et plus dans l’État de New York. Le contraste est net : à l’intérieur, le règlement est sans ambiguïté, aucune forme de tabac ou de cannabis n’est autorisée dans l’enceinte de l’US Open. À l’extérieur, la loi permet.

Résultat : les effluves qui remontent du parc deviennent un invité régulier, et de plus en plus encombrant, du tournoi.

La Britannique Katie Boulter avait déjà tiré la sonnette d’alarme ces derniers jours, en pointant notamment la zone autour du Court 17. « I have experienced it », avait-elle confié. Elle évoquait ces séances d’entraînement où, en descendant vers les courts proches du parc, l’odeur devenait omniprésente. « I’m not a huge fan of it. I know a lot of players have complained on specific courts. I’ve played on (Court 17) before and I did smell it during my match. It’s something that I wouldn’t like to smell in the middle of my match. »

Face à la répétition des plaintes, la fédération américaine (USTA) a réaffirmé sa position : elle rappelle qu’elle ne peut pas contrôler ce qui se passe hors du site, mais insiste sur sa volonté de maintenir le centre comme un espace non-fumeur, sous stricte surveillance.

Sur le terrain, pourtant, aucune tolérance pour la dispersion. Sabalenka n’a pas laissé cette parenthèse olfactive s’installer dans son match.

Sabalenka garde le cap sur son titre

Une fois l’incident traité, la Biélorusse a repris sa marche. Service retrouvé, frappes lourdes, rythme imposé. Rakhimova a tenté de s’accrocher, mais n’a jamais vraiment pris la main. Sabalenka a verrouillé le premier set 6-3, puis a bouclé l’affaire 6-4, sans concéder la moindre manche.

La championne en titre avance donc en huitièmes de finale sans avoir encore lâché un set dans cette édition. Entre deux rafales de coups gagnants, elle doit composer avec un décor singulier : un des plus grands tournois du monde, disputé dans une bulle où l’on traque la moindre fumée, cernée par un parc où la consommation de cannabis est parfaitement légale.

Le contraste est saisissant. Sabalenka, elle, ne s’y attarde pas. Son objectif reste droit devant : défendre son trône à New York, quelles que soient les odeurs qui traversent le ciel de Flushing Meadows.