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Aryna Sabalenka en finale de l'US Open : un parcours écrasant

À New York, Aryna Sabalenka avance comme un rouleau compresseur. Une fois encore. La Biélorusse a étouffé Jessica Pegula sur le Arthur Ashe pour se hisser en finale de l’US Open, en deux sets secs, 7-5, 6-2, et signer une 20e victoire consécutive à Flushing Meadows.

Une colère vite transformée en carburant

Le début de match ne lui appartient pourtant pas. Sabalenka fulmine, s’agace de fautes directes inhabituelles, cherche ses repères. En face, Pegula, portée par le public et par une mise en route plus fluide, frappe propre, prend la balle tôt, impose un tempo qui la met en contrôle des premiers échanges.

Mais la numéro 1 mondiale en titre ne reste jamais longtemps dans le doute. Point après point, elle ajuste, raccourcit son geste, retrouve sa longueur de balle. La tension est palpable à mesure que le premier set s’étire. À 6-5, Sabalenka appuie enfin sur l’accélérateur. Elle serre le jeu, s’empare du break au moment le plus lourd de sens et empoche la manche. Le match vient de basculer.

« J’étais tellement désespérée de gagner, je le voulais vraiment », confiera-t-elle. Cela se voit. Cela s’entend dans chaque frappe.

Sabalenka, encore un cran au-dessus

Une fois le premier set en poche, la rencontre change de dimension. Sabalenka libère son bras, impose sa puissance, dicte chaque échange. Pegula recule, subit, tente de varier, mais se retrouve débordée. Le score du deuxième set, 6-2, traduit la différence de densité.

La statistique est cruelle pour l’Américaine : 12 coups gagnants seulement, contre 29 pour Sabalenka. L’ouragan biélorusse ne lui laisse presque plus d’air. Les échanges raccourcissent, les jeux défilent. La joueuse de 32 ans, seule demi-finaliste sans titre du Grand Chelem, voit une nouvelle opportunité s’échapper face à sa rivale de toujours.

Sabalenka la prive encore d’un rêve majeur. Elle l’avait déjà battue en finale de l’US Open 2024, après l’avoir sortie en demi-finales l’an passé. Pegula avait bien pris sa revanche à Berlin en juin, mais à New York, le rapport de forces reste le même.

« La dernière fois contre Jessica, c’était presque impossible pour moi de gagner, alors je suis super heureuse de jouer un tennis comme ça, devant vous », glisse Sabalenka, sourire large, micro en main.

Une série historique sur dur

Cette qualification n’est pas qu’une victoire de plus. Elle installe Sabalenka dans l’histoire récente du jeu. À 28 ans, elle devient la détentrice du record de l’ère Open pour le nombre de finales consécutives en Grand Chelem sur dur : elle a atteint toutes les finales sur sa surface de prédilection depuis l’Open d’Australie 2023.

À Flushing Meadows, elle n’a plus perdu depuis la finale 2023 face à Coco Gauff. Sa campagne 2024, pourtant, n’avait rien d’une évidence. Après un début d’année tonitruant marqué par le « Sunshine Double » à Indian Wells et Miami, elle avait buté en quart de finale à Roland-Garros puis quitté Wimbledon dès les huitièmes. De quoi installer un doute sur sa capacité à repartir à l’assaut de New York.

Ce doute a volé en éclats. Jusqu’ici, elle n’a concédé qu’un seul set sur la route de la finale. Sa mécanique est de nouveau réglée au millimètre, son agressivité canalisée, son service solide. Elle joue exactement le tennis qu’elle réclamait d’elle-même : brutal, assumé, sans concession.

Le trône perdu, la couronne en ligne de mire

L’ironie est forte : Sabalenka sait déjà qu’elle cédera lundi sa place de numéro 1 mondiale. Elena Rybakina, championne de l’Open d’Australie, la délogera du sommet, quelle que soit l’issue de la finale. Mais la Biélorusse s’offre la possibilité de répondre sur le terrain le plus important : celui des titres majeurs.

Face à elle, samedi, se dressera justement Rybakina ou Coco Gauff, la dernière à l’avoir fait tomber à New York. Deux scénarios, deux histoires puissantes. Une revanche brûlante contre l’Américaine, héroïne locale. Ou un bras de fer de patronnes du circuit contre la Kazakhe qui la détrônera au classement.

Sabalenka, elle, vise plus grand encore. Un troisième sacre consécutif à l’US Open. Personne n’a réussi pareille série depuis Serena Williams. Dans l’ère Open, seules Williams et Chris Evert ont aligné trois titres d’affilée à New York.

La Biélorusse se tient désormais à une victoire de ce cercle minuscule. Une victoire pour transformer une simple « bonne période » en véritable ère Sabalenka sur dur.