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Aryna Sabalenka triomphe et atteint les demi-finales de l'US Open

Aryna Sabalenka a vacillé, a crié, a douté. Mais elle a tenu. Menée par une Linda Noskova déchaînée, la numéro un mondiale s’est arrachée pour décrocher une place en demi-finales de l’US Open pour la sixième année de suite, au terme d’un bras de fer étouffant : 7-6 (7/1), 3-6, 7-6 (10/7).

Sur le papier, c’était son premier vrai piège du tournoi. Sur le court, c’est devenu un combat de nerfs.

Noskova mitraille, Sabalenka encaisse

Face à la championne de Wimbledon, Sabalenka a très vite compris que la soirée ne ressemblerait pas aux précédentes. Aucun set perdu jusque-là, une autorité tranquille… balayée par le service de la Tchèque.

Noskova a aligné 18 aces, étouffant régulièrement les velléités de retour de la Biélorusse. Elle a même sauvé sept des neuf balles de break concédées, preuve d’un mental solide et d’une première balle souvent injouable.

Sabalenka avait pourtant pris les commandes dès le début, en breakant dans le deuxième jeu, avec un coup droit décroisé si violent que Noskova n’a même pas bougé. Un avertissement. Mais pas suffisant pour faire plier la sixième tête de série.

La Tchèque a riposté dans le neuvième jeu du premier set, en martelant la ligne de fond à coups de frappes lourdes, jusqu’à faire céder Sabalenka. Direction le tie-break. Un terrain de chasse privilégié pour la numéro un mondiale.

Là, Sabalenka a redevenu Sabalenka. Six points d’affilée, une emprise totale, une agressivité maîtrisée. 7/1. Le bras levé, le regard dur : le message semblait clair.

Le trou d’air, puis la tempête

Le match a basculé ensuite. Sa puissance s’est enrayée, ses erreurs se sont accumulées. Dans le deuxième set, Sabalenka a perdu le fil, incapable de vraiment perturber le service adverse. Noskova, elle, a gardé son plan : frapper fort, frapper tôt, ne rien subir.

Une double faute de Sabalenka a offert à Noskova le break pour 4-2. La Tchèque n’en demandait pas tant. Elle a verrouillé derrière, empoché le set 6-3, et fait naître un vrai doute sur le court.

Le troisième acte a tourné à la guerre mentale. Sabalenka, connue pour ses explosions émotionnelles, a craqué à mi-set : deux doubles fautes, un jeu donné, un break concédé. Elle a hurlé, fulminé, le regard perdu vers son clan. Noskova, désormais devant 4-2, tenait l’exploit à portée de main.

C’est à ce moment-là que Sabalenka a avoué avoir pensé que « le match est terminé ». Une pensée brutale, presque une reddition intérieure. Paradoxalement, c’est ce lâcher-prise qui l’a libérée. Elle s’est remise à frapper sans retenue, à jouer vers l’avant, à assumer le risque.

Le bras de Noskova a, lui, commencé à trembler. Au huitième jeu, la Biélorusse a recollé, profitant de la première vraie faille dans le jeu de service de son adversaire depuis longtemps. Le stade a grondé, sentant la bascule.

Tie-break décisif, terrain conquis

Arrivé au super tie-break, le scénario rappelait le premier set : plus la tension montait, plus Sabalenka semblait dans son élément. Elle avait déjà enchaîné cette saison une série record de 21 tie-breaks remportés en Grand Chelem. Ce genre de format ne lui fait pas peur. Il la révèle.

Les deux joueuses ont d’abord tenu, point par point, dans une ambiance électrique. Mais Sabalenka a frappé la première grande différence, imposant à nouveau sa puissance en retour et en coup droit. Noskova a résisté, sans réussir à renverser l’inertie.

La numéro un mondiale a conclu comme une patronne : un ace, sec, imparable. Match terminé, 10/7 au tie-break final. Elle a levé les bras, puis s’est tournée vers le public pour le remercier, expliquant que l’énergie des tribunes l’avait portée jusque dans ses derniers efforts.

Dans les pas de Serena, cap sur une nouvelle couronne

Avec cette qualification, Sabalenka signe une performance rare : six demi-finales consécutives à l’US Open. Elle égale ainsi la série réalisée par Serena Williams entre 2011 et 2016, période durant laquelle l’Américaine avait soulevé trois de ses six trophées à Flushing Meadows.

La Biélorusse poursuit aussi une autre dynamique impressionnante : elle a remporté 21 de ses 22 derniers matches dans ce Grand Chelem. Elle vise désormais un troisième titre consécutif à New York, une domination qui commence à prendre des allures de règne.

Pour continuer sa route, il lui faudra désormais écarter une Américaine, à domicile : Jessica Pegula, tête de série numéro 3, ou Emma Navarro, 26e tête de série. Une affiche qui promet une ambiance brûlante, face à un public tout acquis à la cause locale.

Sabalenka, elle, arrive cabossée mais avertie. Elle sait désormais que son trône à Flushing Meadows ne se défendra pas sans douleur. La question n’est plus de savoir si elle peut gagner encore ici. Mais qui, enfin, parviendra à l’en déloger.