Arsenal débute sa campagne européenne à Naples
Arsenal replonge dans l’Europe qui compte. Direction l’Italie, mercredi, pour un baptême du feu à Naples qui en dira long sur les ambitions des champions d’Angleterre en titre.
La saison n’a que trois journées de Premier League au compteur, mais le message est déjà passé : trois victoires sur trois, un rythme de champion, et la frustration de la dernière finale de Champions League encore fraîche. Le trophée qui leur échappe depuis des décennies reste l’obsession. Le voyage au Stadio Diego Armando Maradona n’est pas une parenthèse, c’est le premier jalon d’une nouvelle tentative.
Un départ capital dans la nouvelle phase de ligue
Dans ce format de Champions League, terminer dans le top 8 de la phase de ligue offre un billet direct pour les huitièmes, sans barrage. Arsenal le sait mieux que personne : la saison passée, les Londoniens avaient signé un sans-faute, huit victoires en huit matches, pour verrouiller la première place.
Répéter cette perfection relève presque de l’utopie. Mais décrocher d’entrée un succès à Naples change tout : la deuxième victoire paraît plus proche, la dynamique se met en marche, et le reste du plateau commence à regarder Arsenal avec un peu plus d’inquiétude.
Infirmerie légère, interrogation sur la défense
La bonne nouvelle pour Mikel Arteta vient du week-end : le succès face à Chelsea a laissé un vestiaire intact. Pas de blessure, pas de suspension, juste la satisfaction d’avoir dominé un rival sans trop souffrir. L’absence de Moises Caicedo dans le camp adverse a sans doute facilité la tâche, mais Arsenal ne va pas s’en excuser.
Seul bémol : Cristhian Mosquera. Sorti contre Aston Villa sur un souci aux ischios, le défenseur n’a pas pris place sur le banc face à Chelsea. Rien d’alarmant à première vue, mais son état conditionnera une bonne partie du plan défensif à Naples.
La grande nouvelle de la semaine reste le retour de Jurrien Timber à l’entraînement avec le groupe. Sa longue absence a pesé sur les rotations d’Arteta. Le Néerlandais se rapproche, mais personne au club ne sait encore quand il pourra réellement être convoqué. Pour l’instant, il reste classé parmi les incertains, comme Mosquera.
En revanche, William Saliba, pilier de la défense, est forfait sur blessure au dos. Un coup dur, même pour un effectif aussi riche.
Indisponible : William Saliba (dos)
Incertain : Jurrien Timber (aine), Cristhian Mosquera (ischio-jambiers)
Devant : une chance à saisir pour Gyökeres et Madueke
Arteta devrait profiter de ce premier rendez-vous européen pour faire tourner sans affaiblir son onze. Devant, la ligne offensive pourrait prendre un visage légèrement différent.
Christos Tzolis a retrouvé des couleurs au meilleur moment. Après un match raté le lundi précédent, l’ailier grec a répondu avec une prestation pleine d’envie contre Chelsea, ponctuée d’une passe décisive pour Martin Ødegaard. Quand un joueur de couloir commence à sentir le jeu et à peser dans les zones décisives, le priver de minutes devient un risque. Même avec la tentation de la rotation, le laisser enchaîner pour asseoir sa confiance a tout son sens.
Dans l’axe, Viktor Gyökeres attendait son heure. Invisible lors des deux premières journées, il n’a eu droit qu’à une vingtaine de minutes pour fermer le match face à Chelsea. Rien de spectaculaire, mais un travail propre, sérieux, dans un contexte où Arsenal gérait déjà son avance. Le déplacement à Naples ressemble au moment idéal pour lui offrir une première titularisation et bousculer la hiérarchie en pointe.
À droite, Noni Madueke reste la doublure naturelle de Bukayo Saka. Entré lui aussi en fin de rencontre contre Chelsea, il a surtout servi de garant de l’équilibre offensif. Depuis son arrivée, il s’est imposé comme un élément clé de la rotation, capable d’animer le couloir droit et, au besoin, d’aller gratter quelques minutes à gauche, surtout avec l’explosion de Max Dowman la saison passée. À Naples, sa présence dans le onze de départ aurait tout d’une évidence.
Un milieu taillé pour tourner sans perdre en qualité
Au cœur du jeu, Arsenal a enfin le luxe de pouvoir ménager ses cadres sans perdre en maîtrise.
Bruno Guimarães en est l’exemple parfait. Touché dès le Community Shield, il a déjà connu le petit contretemps typique des recrues majeures du club. Présent sur le banc contre Chelsea sans entrer, il a été préservé. Cette fois, le contexte s’y prête : offrir un peu de repos à Declan Rice et donner à Bruno sa première titularisation de la saison, après des entrées convaincantes, notamment contre Aston Villa, serait un choix logique. Sa capacité à dicter le tempo et à casser les lignes au pied ou à la passe colle parfaitement au registre européen.
Juste derrière lui, Martin Zubimendi reste une pièce essentielle. Le champion du monde a vu son temps de jeu légèrement grignoté par l’ascension de Myles Lewis-Skelly, mais loin de le reléguer au second plan, cette concurrence lui a permis de souffler après une saison où il avait tout donné. Ses apparitions en sortie de banc ont montré un joueur frais, propre techniquement, toujours au niveau. À Naples, il a tout pour reprendre son rôle de sentinelle et stabiliser l’équipe.
Plus haut, Eberechi Eze devrait occuper l’axe. Le manque de renfort offensif cet été laissait penser qu’il passerait l’essentiel de son temps sur les ailes. En Premier League, ce sera sans doute souvent le cas. En Champions League, Arteta peut se permettre de le recentrer, d’exploiter sa conduite de balle et sa capacité à faire la différence entre les lignes. Si l’option ne se confirme pas, Mikel Merino, déjà utilisé à deux reprises en relais de Martin Ødegaard, représente l’alternative la plus naturelle pour ce rôle de meneur avancé.
Derrière, un socle à reconstruire sans Saliba
Sans William Saliba, la défense doit se réinventer sans perdre de sa solidité.
À gauche, Piero Hincapie attendait son tour. Barré par un Riccardo Calafiori étincelant depuis le début de saison, l’Équatorien s’est contenté de deux entrées en trois matches. Un statut frustrant pour un joueur de ce niveau, mais compréhensible au vu des performances du titulaire. Face à Naples, la logique voudrait qu’il débute enfin, avec une mission claire : apporter sa relance propre et son agressivité dans les duels, tout en contenant les vagues italiennes sur son côté.
Dans l’axe, Gabriel reste l’ancre de ce backline. En l’absence de Saliba, son rôle de leader prend une dimension supplémentaire. Son autorité dans les duels, sa lecture des trajectoires et sa voix dans l’organisation défensive en font l’un des meilleurs défenseurs du monde à son poste. Avec lui, Arsenal sait que la ligne ne s’effondrera pas.
À ses côtés, Ezri Konsa découvre encore ce que signifie porter ce maillot. Sa première titularisation contre Chelsea a tout condensé : quelques erreurs initiales, rattrapées par des tacles tranchants et une montée en puissance progressive. Un vrai baptême du feu. La paire qu’il forme avec Gabriel ne fera pas oublier Saliba, du moins pas tout de suite, mais elle a déjà rassuré le staff : la structure tient.
Sur le flanc droit, la marge de manœuvre est réduite. Cristhian Mosquera, malgré son souci musculaire contre Villa, reste une option sérieuse pour démarrer si son état le permet. Jurrien Timber ne devrait pas être prêt à temps, et Ben White n’est plus géré comme un joueur capable d’enchaîner trois matches par semaine. Marli Salmon, promis à davantage de minutes cette saison, semble pour l’instant destiné aux coupes nationales plutôt qu’aux grands soirs européens. Tout converge donc vers Mosquera, à condition que son corps donne le feu vert.
Dans les buts, un choix évident
Dans les cages, le débat est vite tranché. Arsenal dispose de trois gardiens capables de débuter, mais un seul s’impose comme une évidence : David Raya.
L’écart avec ses concurrents est net, non par manque de talent chez eux, mais parce que Raya a atteint un niveau qui l’installe parmi les références du poste. Contre Chelsea, il s’est fait surprendre une fois au premier poteau en début de match, puis a verrouillé son but. Plus rien. Pas même un espoir pour les Blues, malgré une frappe enroulée d’Estevao qu’il a sortie avec autorité dans les dernières minutes.
Arsenal arrive à Naples avec un effectif presque complet, un onze remodelé mais ambitieux, et une idée fixe : ne pas laisser filer ce premier rendez-vous. La saison européenne commence là, dans un stade bouillant, face à un adversaire qui n’a jamais peur d’attaquer.
Pour un club qui rêve enfin de soulever la Champions League, combien de fois encore pourra-t-il se permettre de rentrer bredouille d’Italie ?




