Anuj Dal passe du cricket à la finance : un nouveau départ
Anuj Dal a rangé ses crampons plus tôt que prévu. À 30 ans, l’all-rounder de Derbyshire met fin à sa carrière professionnelle pour se lancer à plein temps dans les services financiers, un virage net après neuf saisons au sein du comté.
Le joueur quitte Derbyshire, pensionnaire de County Championship Division Two, pour rejoindre Ryley Wealth Management, une société de gestion de patrimoine basée à Nottingham. Pas un saut dans l’inconnu : Dal y travaillait déjà à temps partiel, en parallèle de ses obligations sur le terrain. Désormais, ce sera son unique terrain de jeu.
Neuf ans, 3 773 runs, 128 wickets.
Les chiffres racontent une carrière solide, patiente, construite loin des projecteurs les plus puissants mais avec une constance qui force le respect. Son sommet reste cette saison 2022, où il a cumulé 957 runs et 34 wickets toutes compétitions confondues. Une année pleine qui lui a valu le titre de joueur de l’année de Derbyshire en County Championship.
Formé dans les rangs d’England Under-19, Dal n’a jamais été seulement un joueur de plus dans un vestiaire. Depuis 2021, il occupait aussi le poste de vice-président de la Professional Cricketers’ Association, un rôle qui dit quelque chose de son influence et de son regard déjà tourné vers l’après-carrière.
La rupture avec Derbyshire ne s’est pas faite dans l’euphorie. Dal l’a reconnu sur le site du club : il est « déçu » de ne pas avoir trouvé d’accord pour un nouveau contrat et de voir son aventure s’arrêter là. Les mots sonnent comme un constat lucide plus qu’un règlement de comptes. Une page se tourne, sans fracas, mais avec un pincement évident.
Il n’a pourtant pas traîné à se projeter. Dire adieu à ce chapitre, oui. S’y accrocher, non. Dal parle d’une « nouvelle carrière » avec un enthousiasme assumé, comme s’il avait depuis longtemps préparé ce moment, entre deux séances de nets et quelques dossiers de clients.
Un joueur qui quitte la scène à 30 ans, alors qu’il sort d’une saison référence il y a à peine deux ans, cela interroge forcément. Mais dans le cas d’Anuj Dal, la trajectoire semble suivre une logique personnelle plus qu’un déclin sportif. Il a choisi son timing, son projet, son futur.
Derbyshire perd un all-rounder fiable, un leader discret, un homme de vestiaire. Le cricket anglais, lui, voit partir un profil moderne, déjà armé pour la vie après le sport. La prochaine fois que son nom circulera, ce ne sera plus dans les colonnes de résultats, mais dans celles de la finance.




