Antonelli s'impose à Monza et s'approche du titre
Kimi Antonelli n’a pas seulement gagné un Grand Prix. Il a signé, à Monza, une course qui marque une carrière. Parti 19e sur la grille, l’Italien a remonté le peloton pour s’imposer devant son public et prendre une option massive sur le titre mondial.
Dans le Temple de la Vitesse, le scénario ressemblait d’abord à une journée ordinaire pour les leaders du championnat. Devant, George Russell contrôlait, Pierre Gasly défendait sa pole, les Red Bull restaient en embuscade. Derrière, Antonelli devait survivre au chaos du milieu de grille, gérer les turbulences, éviter les erreurs. Il l’a fait, avec une froideur de vétéran.
Le tournant est arrivé avec une virtual safety car. Un timing parfait. Antonelli plonge aux stands, ressort avec de l’air libre et des pneus frais. À ce moment-là, la course change de ton. Tour après tour, il grignote l’avance de Russell. Les écarts fondent, les écrans de temps s’illuminent. Le public comprend. Monza commence à rugir.
À trois tours du drapeau à damier, la pression finit par briser l’équilibre. Tour 50 sur 53 : Antonelli se jette sur Russell, le dépasse, et ne se retourne plus. Un geste net, autoritaire, celui d’un pilote qui sait qu’il joue plus qu’une victoire à domicile. Il joue un championnat.
Derrière ce duel, Max Verstappen limite les dégâts pour Red Bull avec une troisième place, loin du feu d’artifice italien mais toujours dans le coup pour le podium. Les McLaren s’intercalent ensuite, privant Lewis Hamilton de mieux qu’une sixième position, tandis que Gasly, parti en pole, doit se contenter de la septième place après avoir vu la course lui échapper au fil des tours.
Au classement, le coup est énorme : Antonelli compte désormais 66 points d’avance sur Russell. Presque l’équivalent de trois Grands Prix. À ce stade de la saison, c’est un matelas qui ressemble déjà à une déclaration.
Monza a retrouvé un vainqueur italien pour la première fois depuis Ludovico Scarfiotti en 1966. Soixante ans d’attente effacés par une remontée depuis la 19e place, un dépassement décisif à quelques tours de l’arrivée et une foule en transe.
Le championnat, lui, vient peut-être de basculer pour de bon.




