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Anthony Edwards, nouveau leader des Timberwolves

Anthony Edwards ne l’a pas dit publiquement, mais le message a filtré : la star des Minnesota Timberwolves est « très satisfaite » de l’intersaison de sa franchise. Et au vu du virage pris par la direction, difficile de lui donner tort.

Les Wolves ont tout recentré sur lui. Ils ont abandonné une construction plus traditionnelle pour basculer vers un basket à haute intensité, mené par les lignes arrières. Julius Randle et Naz Reid sont partis, LaMelo Ball et Jonathan Kuminga sont arrivés. Un choix clair, presque brutal : donner les clés du tempo à Edwards, l’entourer de talent sur le périmètre et de profils capables de courir, créer, défendre.

Autour de ce nouveau noyau, Minnesota a consolidé le banc. Ayo Dosunmu et Bones Hyland restent dans le projet. Jaylen Clark a été sécurisé avec une prolongation. Trey Lyles vient ajouter sa polyvalence. La rotation prend forme, plus profonde, plus mobile, pensée pour suivre le rythme imposé par Edwards et Ball.

Sur le podcast « Hoop Collective », Brian Windhorst a résumé l’état d’esprit du franchise player : Edwards est ravi de voir LaMelo débarquer et le deal pour Kuminga se concrétiser. Au point de laisser entendre que, si son extension se jouait maintenant, l’enthousiasme suscité par ces mouvements pourrait peser lourd dans la balance. Aux yeux d’Edwards, LaMelo apparaît comme un partenaire idéal dans le backcourt. Une association taillée pour faire mal, tout de suite.

Kuminga, le pari défensif… et le choix d’Edwards

Derrière la signature de Jonathan Kuminga, il n’y a pas que la proposition sportive des Timberwolves. Il y a aussi l’influence directe d’Anthony Edwards.

Kuminga avait des options. Sérieuses. Los Angeles Lakers, Chicago Bulls, Portland Trail Blazers : autant de marchés plus exposés, de vitrines plus éclatantes. Il a tout de même choisi Minnesota, en laissant, selon son agent Aaron Turner, de l’argent sur la table.

Pourquoi ? Parce qu’Edwards a pris le dossier à bras-le-corps.

« Ant a été super actif dans son recrutement », a expliqué Turner à The Athletic. Le discours de la star a tranché avec ce que d’autres lui vendaient. Là où beaucoup ne parlaient que d’attaque, Edwards a insisté sur autre chose : ici, on va défendre. Vraiment. Fort. Ensemble.

Kuminga et son camp ont regardé le projet par ce prisme-là. Le Camerounais voit dans ces Wolves une équipe où son énergie, sa longueur, son activité sur l’homme peuvent devenir centrales. Turner raconte cette scène simple : assis dans une salle de sport, il demande à son joueur quel est, pour lui, le meilleur contexte basket. La réponse tombe : Minnesota. Dès lors, le reste ne compte plus.

Le recrutement ne s’est pas limité à Edwards. Jaden McDaniels et LaMelo Ball ont aussi pris le temps d’appeler Kuminga, de lui présenter le vestiaire, la culture en place, la hiérarchie claire mais ouverte. Turner parle d’un respect ressenti « du haut en bas » de l’organisation. Pour un joueur encore en quête de statut et de continuité, le message pèse lourd.

Minnesota n’a pas seulement signé un ailier prometteur. Le club a validé l’idée que sa star sait convaincre, sait fédérer, sait vendre un projet. Une étape symbolique dans la bascule d’Edwards vers le rôle de visage assumé de la franchise.

Les Wolves visent le sommet de l’Ouest

Le décor de cette intersaison s’explique aussi par la frustration du printemps. Après deux participations consécutives aux finales de conférence, les Timberwolves se sont arrêtés en deuxième tour face aux San Antonio Spurs. Une élimination qui ne raconte pas toute l’histoire.

Edwards a joué diminué, gêné par une contusion osseuse au genou gauche. Donte DiVincenzo n’a pas disputé une minute de la série. Ayo Dosunmu a manqué la confrontation sur blessure au mollet. L’effectif a tenu, mais à flux tendu. Trop pour espérer renverser des Spurs lancés à plein régime.

Cette fois, Minnesota veut revenir avec plus de munitions, plus de variantes. Les observateurs n’ignorent pas ce changement de dimension. Dans les projections d’ESPN, les Wolves pointent au troisième rang à l’Ouest, juste derrière San Antonio et Oklahoma City Thunder. Tim MacMahon n’a pas hésité à qualifier le duo Edwards–Ball de « backcourt le plus talentueux de la ligue ». Une formule forte, mais qui traduit bien l’excitation autour de cette paire explosive.

Du côté de Sports Illustrated, Charlie Walton voit lui aussi Minnesota accrocher la troisième place de la conférence. Il rappelle que le paysage peut encore bouger d’ici le début de saison, et bougera encore avant avril. Mais la tendance est là : les Wolves se sont donné le droit de viser très haut.

Le pari reste risqué. Le gros coup tenté par Tim Connelly pour récupérer LaMelo Ball peut se transformer en échec. Celui pour Jonathan Kuminga aussi. Ces « swings » peuvent se terminer en pop out, comme au baseball. Pour l’instant, ils propulsent pourtant la franchise vers le haut de la colonne Ouest.

La question n’est plus de savoir si Minnesota est légitime. Elle est de savoir jusqu’où Edwards et ce nouveau casting peuvent pousser la porte qu’ils viennent d’entrouvrir.