Anisimova triomphe, Khachanov impressionne : résumés de l'US Open
La cinquième journée à l’US Open a offert un concentré de ce que ce tournoi fait de mieux : des favoris bousculés, des retours d’entre les morts, des adieux différés et quelques avertissements très sérieux envoyés au reste du tableau.
Anisimova poussée au bout par la gamine de 18 ans
Finaliste malheureuse l’an passé, Amanda Anisimova a déjà goûté à la pression des grands jours à New York. Elle en a repris une bonne dose face à Lilli Tagger, 18 ans seulement, qui disputait là son premier tableau principal à l’US Open. Score final : 6-3, 3-6, 6-1, mais l’histoire est bien moins linéaire que ce résultat ne le laisse penser.
Anisimova démarre fort, emporte le premier set 6-3, puis se fait surprendre au début du deuxième : Tagger la break d’entrée, s’accroche, impose ses frappes, et arrache le set 6-3. L’Américaine, bousculée, perd un moment le fil. Elle revient des vestiaires pour le troisième acte avec un tout autre visage.
Le tournant ? Un jeu interminable à 3-0 dans la manche décisive. Plus de neuf minutes, six balles de break pour Anisimova, autant de résistances héroïques de Tagger, qui se procure même une balle de jeu. Mais une gifle de coup droit en retour efface l’avantage de l’Autrichienne, et le bras de la jeune joueuse finit par trembler. Anisimova s’envole, mène 4-0, puis 5-0, et conclut 6-1.
Elle a été « étirée », comme on dit dans le jargon, et sort de là plus solide, plus affûtée pour la suite. Tagger, elle, laisse une impression claire : on la reverra. Anisimova retrouvera au troisième tour Anastasia Potapova ou Leolia Jeanjean, avec en ligne de mire un huitième de finale potentiel face à Mirra Andreeva. Un duel qui a déjà des allures de rendez-vous immanquable.
Khachanov assomme Auger-Aliassime
Sur le Louis Armstrong, Karen Khachanov a signé l’une des performances les plus marquantes de la journée en renversant le tête de série n°3, Felix Auger-Aliassime : (5)6-7, 6-3, 6-2, 6-2.
Le Canadien avait pourtant démarré comme un patron. Un premier set maîtrisé, un tie-break arraché avec autorité, un service en place, des frappes lourdes. Mais quelque chose se dérègle. Physiquement, surtout. Un problème au pied semble le gêner – rien de spectaculaire, mais suffisamment pour le ralentir, pour le rendre moins explosif, moins incisif.
Khachanov, lui, ne s’affole pas. Il tient son plan, allonge les échanges, ne force pas, ne cherche pas le coup gagnant à tout prix. Il laisse le temps faire son œuvre. Le Russe recolle à un set partout, puis s’installe aux commandes. Les deux derniers sets tournent à sens unique : 6-2, 6-2. Auger-Aliassime parvient à tenir son service de temps à autre, mais ne peut plus vraiment rivaliser dans l’échange.
Le Russe affrontera au prochain tour Benjamin Bonzi ou Ignacio Buse. Pour le Canadien, la question devient lourde : peut-il encore franchir un cap dans les grands rendez-vous, lui qui peine à transformer ses statuts de tête de série élevée en vraies campagnes de titre ?
Osaka, des frayeurs mais du répondant
Naomi Osaka poursuit sa reconstruction, non sans sueurs froides. Opposée à Katerina Siniakova, la Japonaise, double lauréate à New York, s’impose 6-2, 5-7, 6-1, mais aura flirté avec la sortie.
Elle domine largement le premier set, mène 6-2, 5-3, sert pour le match. Et tout se dérègle. Siniakova se libère, enchaîne quatre jeux de suite, arrache la manche 7-5. Osaka se retrouve à nouveau dans ce no man’s land mental qu’elle connaît trop bien, entre frustration et doute.
Elle répond pourtant comme une championne. Elle quitte le court entre les sets, revient avec un service retrouvé, une frappe plus tranchante. Elle breake d’entrée, puis une deuxième fois pour mener 3-0, puis 4-1. À 5-1, elle ne tremble plus : elle conclut le troisième set 6-1. Sans briller du début à la fin, mais avec un vrai sursaut au moment critique. Elle affrontera Elise Mertens au prochain tour, un test sérieux pour mesurer la solidité de cette montée en puissance.
Keys, cinq balles de match sauvées et un miracle
La folie de la journée, elle, est venue du Stadium 17. Madison Keys, tête de série n°22, s’en sort au terme d’un combat hallucinant face à Anna Bondar : 5-7, 6-4, 7-6(5).
L’Américaine perd le premier set 7-5, ne trouve pas son rythme, arrose. Elle recolle en empochant le deuxième 6-4, mais se retrouve à nouveau au bord du gouffre dans le troisième. Bondar sert deux fois pour le match. Elle obtient en tout cinq balles de match. A chaque fois, Keys sort le bras.
Sur sa ligne de fond, l’Américaine déclenche des coups droits monstrueux, notamment un inside-out qui claque comme une déclaration de survie. Elle sauve, tient, débreake, arrache le tie-break. Là encore, le scénario est cruel pour la Hongroise : Keys se détache, mène 6-5, puis déroule pour filer à 9-5. Quatre balles de match pour elle, après en avoir effacé cinq. Elle ne laissera plus passer. Bondar, elle, mettra du temps à digérer ce naufrage émotionnel.
Keys affrontera au troisième tour Qinwen Zheng ou Yulia Putintseva. Si son tennis reste aussi volcanique, ce quart de tableau pourrait vite prendre feu.
Bouzkova expéditive, Swiatek sans pitié
Sur le Court 11, Harriet Dart n’a jamais vraiment trouvé la clé face à Marie Bouzkova. La Tchèque, tête de série n°25, s’impose sèchement 6-2, 6-2 et gagne le droit de défier Iga Swiatek. Un « cadeau » tout relatif.
La Polonaise, tête de série n°8, a en effet livré une démonstration sur le Grandstand face à Nadia Podoroska : 6-3, 6-2, sans concéder une seule fois son service. Après une année 2026 longtemps hésitante, son titre à Toronto lui a redonné du ressort. À New York, elle avance sans bruit, mais avec ce regard et cette intensité qui rappellent la championne de 2022. Bouzkova est prévenue.
Le reste du tableau s’anime
Au milieu de cette avalanche de matches, Taylor Fritz a déroulé sur Arthur Ashe face à Mattia Bellucci, démarrant par un 5-0 sec dans le premier set. Sur le Grandstand, Amanda Anisimova a confirmé son statut de prétendante sérieuse au titre en se sortant de ce piège tendu par Tagger. Mirra Andreeva, attendue comme l’une des curiosités de la quinzaine, reste dans le viseur pour un possible choc en huitièmes.
Les grands noms défilent, les tableaux se dessinent, les certitudes vacillent déjà. Une chose est sûre : si la journée cinq n’était qu’un avant-goût, cette édition de l’US Open n’a pas fini de secouer les hiérarchies.




