Angleterre remporte le Test de Lord’s contre le Pakistan
À Lord’s, la polémique n’aura finalement pas pesé bien lourd face au poids du résultat. Entre un entretien explosif, des consignes politiques strictes et un succès net sur le terrain, l’Angleterre a refermé le deuxième Test avec une victoire de 194 points et une série déjà pliée.
Babar Azam coupe court
Au cœur du tumulte, Babar Azam a choisi la ligne claire. Interrogé par BBC Test Match Special à l’issue du Test de Lord’s sur l’existence d’une menace autour de la poursuite de la rencontre, le capitaine pakistanais a été catégorique.
« Non, non, non. Je n’ai rien entendu de tout ça », a-t-il répondu. Relancé pour savoir s’il avait eu vent de telles discussions, il s’est contenté d’un « Non » sec, sans détour.
L’entretien, mené par l’ancien capitaine anglais Michael Atherton, n’a pas été diffusé en direct. Il a été programmé dans l’intervalle du déjeuner, le premier jour du Test. Entre-temps, la tension était montée : la Pakistan Cricket Board, dirigée par Mohsin Naqvi, aurait exprimé son opposition à la diffusion, jugeant le contenu sensible dans le contexte politique actuel.
Sarfaraz Ahmed, sélectionneur et entraîneur principal du Pakistan, avait déjà donné la même version que son capitaine : ni lui ni ses joueurs n’auraient été informés d’une quelconque menace pouvant remettre en cause la tenue du match.
L’ombre d’Imran Khan en toile de fond
Ce qui a mis le feu aux poudres, ce n’est pas le cricket, mais la politique. L’entretien d’Atherton se concentrait sur les inquiétudes des fils d’Imran Khan quant au traitement, à la santé et aux conditions de détention de leur père en prison. Un sujet hautement inflammable pour une tournée au Royaume-Uni déjà scrutée de près.
La PCB, échaudée par le tumulte autour de l’ancien Premier ministre, avait, selon les informations, donné des consignes strictes à ses joueurs avant la série : pas de commentaires politiques pendant le séjour en Angleterre. Une ligne de conduite renforcée après les remous provoqués par l’« affaire Imran Khan ».
Malgré ce climat électrique hors du terrain, le match, lui, n’a jamais dévié de son cours. Le Pakistan est revenu sur l’herbe à l’heure, le jeu a repris, et Lord’s a retrouvé sa respiration habituelle. Pas d’interruption. Pas de boycott. Juste du cricket.
L’Angleterre frappe fort et plie la série
Sur le gazon, l’Angleterre n’a laissé aucune place au doute. Le succès est net, la marge est large, et la série est déjà dans la poche.
Avec un objectif de 389 à atteindre au quatrième tour, le Pakistan n’a jamais vraiment semblé en mesure de renverser la situation. L’équipe est finalement renvoyée pour 194. Un chiffre qui résume le fossé entre les deux camps sur ce Test.
Saud Shakeel a longtemps tenu la baraque. Il s’arrête à trois longueurs d’un siècle qui aurait changé la couleur de sa feuille de stats, sinon celle du match. Son combat n’a pas suffi à masquer les failles d’un alignement pakistanais trop souvent débordé.
Le défi s’est corsé encore un peu plus avec l’absence d’Imam-ul-Haq. Touché au mollet dès le premier jour, l’ouvreur n’a pas pu revenir au bâton. Sans son spécialiste du haut de l’ordre, le Pakistan a perdu un point d’ancrage précieux au moment d’aborder une poursuite déjà vertigineuse.
Face à eux, l’Angleterre a déroulé. Sérieuse, clinique, sans s’éparpiller dans le bruit extérieur. Ce succès par 194 points à Lord’s offre aux hommes de Ben Stokes un avantage irrattrapable de 2-0 dans cette série de trois Tests.
Un tournant pour l’Angleterre
Au-delà du tumulte politique, ce résultat a une portée sportive majeure pour l’Angleterre. Ce succès scelle leur première victoire en série de Test depuis décembre 2024. Une éternité à ce niveau, surtout dans un environnement où chaque campagne est disséquée, critiquée, dissoute dans le débat public.
Lord’s, théâtre d’un vieux conflit entre le jeu et ce qui l’entoure, leur offre donc un point de bascule. Le vestiaire anglais peut enfin parler de dynamique retrouvée, de cap repris, de certitudes qui se reforment.
La caravane, elle, se déplace déjà. Prochaine étape : Birmingham. Edgbaston accueillera le troisième et dernier Test à partir du 9 septembre. Série déjà gagnée ou pas, l’Angleterre aura l’occasion d’enfoncer le clou. Le Pakistan, lui, n’a plus qu’une question à régler : peut-il encore transformer une tournée agitée en réaction de caractère, ou laissera-t-il cette série devenir le symbole d’un été manqué ?




