L’Angleterre serre l’étau sur le Pakistan
L’Angleterre serre l’étau, le Pakistan attend la tempête
Eng 177-7, avance de 357 points. Le tableau de bord dit tout : Joe Root ne déclare pas, il étouffe. Il veut que le Pakistan parte à la chasse avec une montagne à gravir et une surface qui commence à mordre.
La journée reprend presque en douceur, mais l’enjeu est tout sauf paisible. Dan Lawrence, frais au bâton, voit encore une balle à négocier de Mohammad Ali, restée en suspens depuis l’interruption pour mauvaise lumière la veille. Une seule balle. Un piège potentiel. Il la repousse calmement, plein visage de la batte, comme pour dire qu’il est déjà installé dans le combat.
En face, le Pakistan sait ce qui l’attend. Le terrain s’est déjà animé, les coutures accrochent, les variations de rebond se multiplient. Phil Tufnell, ancien spinner d’Angleterre, résume le décor sur Test Match Special : il reste énormément de temps dans ce match, le pitch « fait un peu », et quatre lanceurs anglais trépignent à l’idée de s’y engouffrer. Si la météo avait promis un nouveau naufrage comme la veille, le plan aurait peut-être été de frapper fort et vite, de chercher les limites à tout prix. Mais la fenêtre est plus large. L’Angleterre peut se permettre d’être patiente. Et cruelle.
Joe Root, lui, a tranché. Pas de déclaration anticipée, malgré les appels de la veille. Il veut « quelques runs de plus ». Une marge indiscutable, un message clair : le Pakistan devra survivre longtemps, très longtemps, sous la pression combinée du score et du terrain. Dan Lawrence et Ollie Robinson tiennent le fort, grignotent, usent les nerfs adverses. Chaque point supplémentaire rend la poursuite un peu plus irréaliste.
Le temps, justement, dicte aussi sa loi. Les pertes de la veille ont forcé un nouveau réajustement du programme. Le déjeuner est fixé à 13 h 15 (BST), l’après-midi s’étirera de 13 h 55 à 16 h 10, puis une longue session du soir, de 16 h 30 à potentiellement 19 h 00, selon la lumière. Sur le papier, 98 overs à jouer. En pratique, une course permanente contre le ciel et le crépuscule.
Dans ce cadre, chaque session prend des allures de bras de fer psychologique. Si l’Angleterre parvient à prolonger encore un peu cette manche, à pousser l’écart au-delà de la simple cible « raisonnable », le Pakistan ne sera plus seulement en train de chasser un total. Il devra survivre à un terrain capricieux et à quatre lanceurs qui n’attendent qu’un signe, une ombre, une fissure dans la technique adverse.
Sur les ondes de BBC Test Match Special, la journée se vit balle par balle, souffle par souffle. Sur le terrain, une question domine : cette avance de 357 est-elle déjà un verdict, ou simplement le début d’un long supplice pour les batteurs pakistanais ?




