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L’Angleterre réalise une poursuite historique grâce à Maia Bouchier

Léicester, Grace Road – L’Irlande avait posé le décor. L’Angleterre l’a déchiré.

Face à un 281/5 solide, gonflé par une fin d’innings tonitruante, la sélection anglaise a répondu avec son plus haut total jamais réussi en poursuite en ODI. Et au cœur de cette démonstration, un nom a pris toute la lumière : Maia Bouchier.

Bouchier met le feu à la poursuite

Dès les premières balles, on a compris que la journée ne serait pas tranquille pour les lanceuses irlandaises. Bouchier, en tête d’affiche, a frappé un siècle incandescent : 104 runs en 95 balles, 11 fours, une frappe nette, agressive, assumée.

Le moment charnière arrive très vite. Sixième over. Jane Maguire, 23 ans, prend la tempête de plein fouet : quatre limites consécutives, la ligne est tracée. L’Angleterre ne se contentera pas de gérer, elle va chasser.

À l’autre bout, Sophia Dunkley suit le rythme avec une aisance déconcertante. Les deux ouvreuses installent un partenariat qui tue presque tout suspense dès le premier tiers de l’innings : 143 runs en 118 balles. Au bout de 10 overs, le tableau d’affichage affiche déjà 72/0. Les Irlandaises courent derrière le ballon, et déjà un peu derrière le match.

Dunkley atteint son cinquantième run en 40 balles dans le 15e over, Bouchier la rejoint deux overs plus tard, demi-siècle en 53 balles. Le tempo ne faiblit pas, plus de sept runs par over, un rouleau compresseur qui étire l’écart entre les deux équipes à chaque frappe proprement trouvée.

Cara Murray finit par briser la première grande association en renvoyant Dunkley pour 73 (61 balles) dans le 20e over. Un répit ? Pas vraiment. L’Angleterre a déjà lancé sa machine et refuse de lever le pied.

Capsey et Kemp ferment la porte

L’entrée de Jodi Grewcock tourne court, Murray la fait tomber dès l’over suivant et signe alors un petit retour irlandais. Mais cette brèche ne dure pas. Alice Capsey s’installe, calme, clinique, et Bouchier repart de plus belle à ses côtés.

Les deux ajoutent 50 runs, Bouchier glisse vers son siècle avec la même autorité. Le cap des 100 tombe dans le 31e over, en 91 balles. Une prestation de patronne en ouverture, dans une poursuite de haut vol. Elle est finalement reprise dans le 32e over, mais le travail est fait. L’Irlande a perdu sa principale chance de retour : l’Angleterre est déjà bien au-delà du simple contrôle, elle domine.

La suite appartient à Freya Kemp. Entrée avec l’air de quelqu’un qui n’a pas l’intention de s’éterniser au milieu, elle frappe 36 runs en 22 balles, frappe deux fours contre Louise Little dans un over, puis enchaîne quatre autres limites contre Arlene Kelly. L’Angleterre franchit la barre des 250 dès le 34e over. La poursuite, déjà historique, tourne à la démonstration.

Murray arrache tout de même un troisième wicket en sortant Kemp, mais la fin est inéluctable. Capsey, restée solide, termine invaincue à 41 (40 balles) et conclut le match d’un four dans l’over suivant. Le succès tombe dans le 39e over, net, sans bavure, avec une marge qui raconte mieux que n’importe quel discours la différence de maîtrise.

L’Irlande avait pourtant posé les bases

Ce scénario semblait loin au milieu de la première manche. L’Irlande, après un départ prudent, avait patiemment construit une plateforme prometteuse. Le partenariat pour le deuxième wicket entre Amy Hunter et Gaby Lewis donne de l’épaisseur à l’innings : 136 runs en 152 balles, les deux joueuses dans les 60, 13 fours au total, un cricket propre, appliqué, ambitieux.

À 30 overs, l’Irlande se retrouve pourtant en danger. Trois wickets tombent en 7,1 overs après ce long stand, et la menace d’un total en dessous de 250 devient réelle. Le match peut basculer là, dans ce creux. Mais Leah Paul et Rebecca Stokell refusent de laisser filer l’effort de leurs coéquipières.

Les deux construisent un partenariat vital de 84 runs en seulement 71 balles. Surtout, elles accélèrent au bon moment : 77 runs inscrits dans les 60 dernières balles de l’innings. Le total final, 281/5, ressemble alors à un vrai défi, une cible qui donne aux lanceuses irlandaises quelque chose à défendre avec conviction.

Ce sentiment ne survivra pas longtemps à l’entrée de Bouchier.

Une poursuite qui change de dimension

Ce match restera dans les livres de statistiques anglaises pour la valeur brute du chiffre : plus haute poursuite réussie en ODI. Mais au-delà du record, c’est la manière qui frappe.

Une ouverture dévastatrice, un milieu d’innings tenu avec sang-froid malgré les wickets de Murray, une fin conclue sans trembler par Capsey et Kemp. L’Irlande avait mis l’intensité dans les 10 derniers overs de son innings, l’Angleterre a répondu en imposant la sienne sur presque toute la poursuite.

Si l’Irlande cherchait un repère sur ce que demande le très haut niveau en défense de total, elle l’a trouvé à ses dépens. L’Angleterre, elle, sort de Grace Road avec une certitude renforcée : avec une Bouchier de ce calibre en tête d’ordre et une batterie de frappeuses capables d’accélérer à tous les étages, combien d’autres cibles réputées intouchables vont tomber cette saison ?