Angleterre domine l’Irlande : Issy Wong brille à Derby
L’Angleterre n’a pas seulement remporté la série. Elle l’a confisquée. À Derby, au OurCoop County Ground, les Anglaises ont balayé l’Irlande par six guichets dans un deuxième ODI à sens unique, pour mener 2-0 avec un match d’avance.
Le décor ? Une Irlande limitée à 165 en 47 overs, une Issy Wong déchaînée (5-33, son premier cinq-fer international) et une poursuite expédiée en 23 overs, malgré quelques largesses au bâton, pour atteindre 166-4.
Wong, patronne de l’attaque
On l’attendait, elle a répondu. Après un premier match à Leicester où l’attaque anglaise avait manqué de tranchant sur une surface docile, l’absence de Lauren Bell et Sophie Ecclestone se faisait sentir. À Derby, Wong a pris le rôle de leader à bras-le-corps.
Lancées en premier, les Irlandaises ont vite senti la différence. Wong a d’abord fait sauter la capitaine Gaby Lewis pour 19, battue par une balle qui rentre et qui fracasse les stumps. Un message clair : l’Angleterre ne comptait pas laisser ce match s’éterniser.
Orla Prendergast, solide au premier ODI, s’installe, trouve quelques repères… puis cède en envoyant une balle dans les mains du champ profond au mid-wicket pour 25, cette fois sur le bowling de Mady Villiers. Villiers enchaîne en écartant Rebecca Stokell pour 3, et soudain, le milieu puis le bas de l’ordre irlandais apparaissent à nu.
Là, Wong termine le travail. Rythme, précision, longueur parfaite : l’Irlande ne trouve ni les réponses ni les limites. Dix seules frontières sur toute l’innings. Un chiffre qui résume l’impuissance d’un alignement privé de contributions majeures de Lewis et Prendergast.
Seule Amy Hunter résiste. Deuxième cinquante en autant de matches, 64 runs en 96 balles, une manche patiente, têtue. Elle tente de tenir l’Irlande à flot, de colmater les brèches alors que les guichets tombent autour d’elle. Mais la pression finit par la rattraper : Hunter est prise en bord de limite, offrant à Wong son cinquième guichet et scellant l’effondrement final. Les six derniers guichets irlandais tombent pour seulement 25 runs.
Pour Wong, de retour en ODI cette année après une longue absence, c’est plus qu’une ligne de stats flatteuse. C’est la confirmation d’une transition : de jeune talent prometteur à possible cheffe de meute de l’attaque anglaise sous la houlette de Charlotte Edwards.
Une poursuite expresse… mais brouillonne
Avec 166 à courir, l’Angleterre avait un boulevard. Elle l’a emprunté à toute vitesse, sans toujours regarder dans le rétroviseur.
Maia Bouchier et Sophia Dunkley, héroïnes de la chasse record à Leicester, repartent sur le même ton. 54 runs en sept overs, l’attaque est frontale, les coups claquent, le rythme irlandais explose. Bouchier, en particulier, frappe neuf frontières dans un 45 fulgurant en 31 balles. À elle seule, elle fait presque autant mal que toute l’Irlande plus tôt dans la journée.
Puis le relâchement s’invite. Sur une course mal jugée, Bouchier envoie Dunkley au guichet pour 20. Un run-out évitable, presque incompréhensible dans un contexte aussi confortable. Quelques overs plus tard, Bouchier elle-même se débarrasse de son wicket, prise sur une balle courte de la spinner Kia McCartney. Deux cadeaux successifs qui redonnent un semblant d’air à l’Irlande.
Alice Capsey ne s’attarde pas : lbw pour 1. Jodi Grewcock lance quelques jolis coups dans un 24 prometteur, avant de trouver les mains du champ au mid-wicket. Quatre wickets offerts, ou presque, dans une poursuite qui n’en demandait pas tant.
Mais le total à atteindre est trop modeste pour réellement inquiéter. Freya Kemp et Dani Gibson se chargent de calmer le jeu. Les deux all-rounders verrouillent la fin de match avec une association invaincue de 41 runs. Pas de panique, peu de risques inutiles, juste une gestion clinique des derniers runs. L’Angleterre franchit la ligne en 23 overs, sans trembler au tableau d’affichage, même si le staff retiendra quelques leçons de discipline au bâton.
L’Irlande retombe sur terre
Après avoir posté 281 dans le premier ODI, l’Irlande avait laissé entrevoir un potentiel offensif réel. À Derby, l’illusion se dissipe. Sans contributions pleines de ses joueuses les plus expérimentées, la profondeur offensive se fissure brutalement.
Hunter, encore une fois, tient la baraque. Mais elle se retrouve trop seule. Dès que Wong et Villiers s’attaquent au cœur de l’ordre, les failles apparaissent. L’Irlande ne parvient ni à accélérer, ni à stabiliser. Le contraste avec la liberté de Bouchier au bâton est cruel : neuf limites pour l’Anglaise, contre dix pour toute l’Irlande.
Le tableau est sans appel : 165 ne suffira jamais contre une équipe anglaise qui, même en jouant parfois avec le frein à main mental, dispose d’une marge de manœuvre énorme.
Worcester en point d’orgue
La série est déjà dans la poche, l’été international anglais touche à sa fin. Reste un dernier rendez-vous, à Worcester dimanche. Pour l’Angleterre, ce sera l’occasion de tester encore son banc, de confirmer la montée en puissance de Wong et de régler ces moments d’indiscipline au bâton qui, face à un adversaire plus armé, pourraient coûter cher.
Pour l’Irlande, la question est simple : saura-t-elle retrouver le visage offensif de Leicester, ou Derby restera-t-il comme le rappel brutal du chemin qu’il reste à parcourir au plus haut niveau ?




