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Angleterre domine le Sri Lanka, Will Jacks brille

À Chester-le-Street, l’Angleterre a lancé sa série d’ODI contre le Sri Lanka avec une victoire nette, presque autoritaire : 89 runs d’écart, 265 contre 176, et la sensation très claire que les locaux avaient toujours une longueur d’avance. Au centre de tout, un homme : Will Jacks, irrésistible avec la batte comme avec la balle.

Brook mène, Root marque l’histoire, Jacks enfonce le clou

Harry Brook a donné le ton. Capitaine pour l’occasion, il a assumé son rôle avec une maturité froide, en signant 67 runs sur 69 balles, manche structurante d’un alignement anglais qui n’a jamais vraiment explosé, mais n’a jamais non plus rendu le contrôle.

Autour de lui, les cadres ont répondu présent. Joe Root a ajouté 44 runs précieux, une manche certes sans fioritures, mais capitale dans le contexte du match. Elle avait pourtant un parfum tout particulier : avec ce score, Root franchit la barre monumentale des 23 000 runs internationaux, toutes formes de jeu confondues. Une marque de longévité et de constance qui le place encore un peu plus dans la légende de son sport.

En haut de l’ordre, Ben Duckett a posé les bases avec 32 runs, tandis que Jos Buttler a consolidé le milieu de manche avec 31. Pas de feu d’artifice, mais des briques posées une à une pour construire un total “défendable”, plus qu’intimidant.

C’est Jacks, déjà, qui a apporté la touche finale. Entré dans un moment où l’Angleterre menaçait de s’écrouler avant terme, il a tenu l’arrière-garde avec un 46* fluide, inscrit sur 47 balles. Il n’a pas transformé le score en montagne, mais il l’a hissé suffisamment haut pour que le Sri Lanka doive grimper avec sérieux.

L’Angleterre est finalement bowled out pour 265 en 48,1 overs. Pas un total écrasant sur le papier. Sur ce terrain, ce jour-là, c’était largement suffisant.

Colombage se révèle, le Sri Lanka limite la casse… jusqu’à la pause

Face à eux, le Sri Lanka n’a jamais lâché la bride avec la balle. Les cinq lanceurs utilisés ont pris au moins un wicket, signe d’un effort collectif constant pour maintenir l’Angleterre sous pression.

Le nom qui ressort, c’est celui de Sachindu Colombage. Pour son premier ODI, le legspinner signe 3/44, une carte de visite très solide, avec des trajectoires et des variations qui ont clairement perturbé les batteurs anglais. À ses côtés, Asitha Fernando se montre tout aussi incisif, 3/53 et des passages où il a réellement fait vaciller la ligne locale.

Dilshan Madushanka, Dushmantha Chameera et Dunith Wellalage ajoutent chacun un wicket et empêchent l’Angleterre d’aller au bout de ses 50 overs. À la pause, 266 à courir. Difficile, mais loin d’être impossible. Le Sri Lanka pouvait y croire.

Un départ prudent, puis la chute

La chasse à 266 commence sans panique. Pathum Nissanka, fidèle à lui-même, joue avec retenue mais efficacité. Ses 27 runs en 37 balles ne font pas trembler le stade, mais ils lui permettent de franchir un cap symbolique : les 3 000 runs en ODI. Un jalon personnel important, dans une soirée qui ne tournera pourtant pas en sa faveur.

Le Sri Lanka atteint 84/2 au 20e over. Le tableau de bord n’a rien d’alarmant. Kusal Mendis, avec un 42 solide, tient le milieu de manche, tente de donner de l’épaisseur à la poursuite. À ce moment-là, le match reste ouvert. L’Angleterre domine aux points, mais n’a pas encore porté le coup au foie.

Ce coup, il va venir, brutalement.

Overton ouvre la brèche, Jacks démolit tout

Jamie Overton change le ton de la soirée. Deux wickets rapprochés, un double coup de massue qui brise le rythme sri-lankais. Ce n’est pas encore l’effondrement, mais c’est le moment où la poursuite perd son calme.

La pression monte, les dot balls s’enchaînent. Les batteurs visiteurs ne contrôlent plus vraiment le tempo. L’Angleterre le sent et resserre l’étau.

C’est là que Will Jacks, déjà précieux avec la batte, se transforme en bourreau avec la balle. Offspinner sans excès de théâtre, mais avec une précision chirurgicale, il découpe littéralement le milieu et le bas de l’ordre adverse. Les wickets tombent, un par un, sans répit.

Au final, Jacks termine avec des chiffres qui claquent : 5/22 en 7 overs. Son premier five-for en ODI. Une performance de spécialiste, signée par un joueur qu’on présente souvent comme “allrounder offensif” mais qui, ce soir, a dominé comme un lanceur de métier.

Le Sri Lanka, qui se trouvait encore à 84/2 au 20e over, s’effondre à 176 en 37 overs. La chute est nette, presque abrupte.

Le baroud d’honneur de Wellalage

Au milieu des décombres, Dunith Wellalage refuse de se contenter du rôle de figurant. Son 45 en 36 balles est un vrai contre-attaque, frappée avec courage alors que le tableau de score se fissure de partout.

Il top-score pour les visiteurs, tente de repousser l’inévitable, prend des risques calculés. Mais chaque tentative de relance se heurte à un wicket, à une nouvelle perte de partenaire. Sans soutien durable, même sa fougue ne peut inverser le cours de la soirée.

L’Angleterre termine le travail proprement. 176 all out. Victoire de 89 runs. Message clair envoyé dès le premier match de la série.

Will Jacks repart avec le trophée de Player of the Match, logique récompense d’une prestation complète, presque manifeste de ce que l’Angleterre attend de ses joueurs polyvalents. Si ce match d’ouverture annonce la couleur, une question s’impose déjà : qui, dans cette série, pourra vraiment contenir une équipe capable d’imposer sa loi de cette manière dans les deux disciplines ?