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Ancelotti tourne la page Neymar : une nouvelle ère pour le Brésil

Le mot est tombé, sec, définitif. Carlo Ancelotti a confirmé que Neymar ne rejouera plus pour la Seleção. Pas de faux suspense, pas de porte entrouverte : la star brésilienne a elle-même décidé de tourner la page de la sélection, et avec elle se referme plus d’une décennie où tout, ou presque, passait par lui.

Dans un long entretien accordé à CNN Esportes, le sélectionneur italien n’a pas esquivé le sujet. Au contraire, il a assumé l’ampleur de la perte. « Il méritait d’être là pour sa qualité. Neymar a déjà confirmé qu’il ne veut pas revenir en équipe nationale. Neymar ne peut pas être remplacé, parce que c’était un talent extraordinaire et unique. Donc un joueur irremplaçable », a-t-il posé, sans chercher d’euphémisme.

Une phrase qui sonne comme un constat lucide : on ne remplace pas Neymar par “un autre Neymar”. On vit sans.

Après Neymar, la reconstruction totale

Avec ce chapitre officiellement clos, Ancelotti et le directeur des sélections, Rodrigo Caetano, ont déjà basculé vers l’après. Pas un simple lifting, mais une refonte profonde. Objectif affiché : bâtir un groupe capable de ramener le Brésil tout en haut d’ici la Coupe du monde 2030.

Cette révolution silencieuse a déjà commencé. Les dernières listes ont envoyé un message brutal à certains cadres : place aux gamins. Des vétérans mis de côté, des ados propulsés dans un environnement qu’ils regardaient encore à la télévision il y a quelques années. La Seleção change de visage, et vite.

Ancelotti a détaillé sa feuille de route sur quatre ans, presque comme un plan de carrière pour une génération entière : « Je pense que nous devons avancer étape par étape. Maintenant, nous devons nous concentrer sur les jeunes joueurs qui pourraient être le futur, les joueurs nés en 2004, 2005 et 2006. Nous avons des jeunes nés en 2008 avec beaucoup de qualité, qui ne jouent pas encore, mais qui peuvent jouer. Maintenant, c’est le moment de les regarder, en tenant compte de leur âge et en le respectant. C’est vrai qu’un joueur peut très bien jouer à 36 ou 37 ans. Maintenant, c’est le moment de donner la priorité à la jeunesse. »

Le message est clair : la colonne vertébrale de la Seleção version Ancelotti sera millenium et post-millenium. Ceux qui ont grandi avec Neymar comme idole devront apprendre à gagner sans lui.

Fin du “tout Neymar” : le collectif avant la magie

L’ombre du numéro 10 plane encore sur le débat. Pendant des années, le Brésil a vécu avec cette idée fixe : Neymar fera la différence. Une passe, un dribble, un coup franc, et tout bascule. Quand cela fonctionnait, le pays exultait. Quand cela cassait, c’est toute la structure qui s’effondrait.

Ancelotti veut briser ce schéma. Il ne renie pas le génie individuel, mais refuse d’en faire le socle du projet. « Je crois que dans le football moderne, ce qui compte, c’est le travail d’équipe, pas le talent individuel. Bien sûr, si vous avez un grand talent individuel, vous avez plus de chances de gagner, mais le football moderne ne tolère pas l’absence de travail collectif. Nous travaillons pour construire une équipe forte pour le futur, pas pour dépendre d’un seul grand talent individuel », a-t-il expliqué.

Le ton est posé, presque pédagogique, mais la rupture est nette. Le Brésil version Ancelotti devra courir, presser, combiner, souffrir ensemble. Les fulgurances resteront les bienvenues, mais plus comme un bonus que comme un plan de jeu.

Les premiers tests arrivent très vite, avec des matches face à l’Australie et à l’Inde. Des affiches modestes sur le papier, mais cruciales pour l’Italie du banc : plusieurs débutants sont attendus, scrutés, pesés. Certains y gagneront un avenir en Seleção, d’autres comprendront que le train passe une fois.

La cicatrice du Mondial comme point de départ

Si l’urgence est aussi forte, c’est parce que la dernière Coupe du monde a laissé des traces profondes. Une élimination précoce, une désillusion nationale, et cette sensation que le Brésil avait manqué son époque autant que son tournoi.

Ancelotti ne cherche pas à réécrire l’histoire : « Je pense que la Coupe du monde a été une déception, nous en sommes désolés, mais maintenant nous devons regarder vers l’avant. Nous avons le temps de préparer une nouvelle génération de joueurs. Et maintenant nous allons utiliser les matches amicaux pour voir en action les nouveaux jeunes talents que le football brésilien développe. Je crois que le Brésil doit être parmi les meilleures équipes du monde. »

Reconnaître l’échec pour mieux repartir. Le staff assume que le cycle précédent n’a pas tenu ses promesses et veut en faire un point d’appui, pas un tabou. Les prochains amicaux ne seront donc pas de simples rendez-vous de gala, mais les premières pierres d’un édifice entièrement repensé.

Neymar, lui, ne sera plus là. Il restera dans les images, dans les statistiques, dans les discussions sans fin sur ce qu’il a été, ce qu’il aurait pu être. La Seleção, désormais, avance sans son numéro 10.

Reste une question, immense : cette nouvelle génération saura-t-elle ramener le Brésil là où Ancelotti l’attend, au sommet du monde, en 2030 ?