Allemagne : Huth appelle à un renouveau sous Klopp
Robert Huth ne tourne pas autour du pot. Interrogé sur ce que Jürgen Klopp devra apporter pour honorer les immenses attentes placées en lui à la tête de la sélection allemande, l’ancien défenseur international lâche, sans filtre : « Être moins nuls ! La barre n’est pas très haute en ce moment. »
Le ton est donné. L’ère Klopp n’a pas encore commencé sur le terrain, mais elle a déjà réveillé un pays entier.
Un simple discours, et l’Allemagne se redresse
Pour Huth, l’effet a été immédiat. Dès l’annonce de la nomination, avant même le moindre match, il a senti quelque chose bouger en Allemagne. Une forme de soulagement collectif, presque un cri du cœur : « Oui, enfin, on a le gars qu’on voulait il y a 10 ans. »
Klopp arrive avec un passé lourd : Liverpool, Dortmund, des titres, des remontadas, un style reconnaissable entre mille. Mais Huth insiste sur autre chose. Sur la personne. La personnalité, l’état d’esprit, cette capacité rare à rassembler une nation autour d’un maillot.
Il raconte sa réaction en regardant la première conférence de presse du nouveau sélectionneur. Pas un mot creux, pas de langue de bois. Juste un message brut, frontal : si tu veux jouer pour l’Allemagne, tu vas devoir courir plus, te battre plus, ressentir davantage ce que représente ce badge sur la poitrine.
Huth en rit presque : devant son écran, il s’est surpris à se demander où étaient ses crampons, prêt à rejouer, conscient pourtant qu’il ne serait plus jamais appelé. C’est précisément cet impact émotionnel qu’il attribue à Klopp. Et il imagine ce que cela peut produire sur des joueurs encore en activité.
Pas de bouc émissaire, mais un constat impitoyable
L’ancien défenseur souligne un autre point : Klopp n’a pas eu besoin d’écraser ses prédécesseurs pour exister. Il n’a pas descendu les anciens sélectionneurs, n’a pas parlé de « catastrophe » ou de « ruine ». Il s’est contenté d’un constat simple : par rapport aux nations qui vont plus loin à l’Euro ou en Coupe du monde, l’Allemagne doit donner « un peu plus ».
Plus d’intensité. Plus de sacrifice. Plus de fierté.
Les retours venus de Bundesliga vont dans le même sens. D’après Huth, les clubs saluent déjà son approche. Klopp a multiplié les déplacements, les visites en préparation, les présences en tribune lors des matchs. Sur le papier, tout semble aligné. Sur le terrain, la réponse viendra lors des prochains grands tournois.
Objectif : redevenir une grande nation, pas forcément la seule
Huth ne promet pas des titres. Il s’y refuse. L’Allemagne, dit-il, doit redevenir compétitive, redevenir elle-même. Il rappelle que la concurrence est féroce : France, Angleterre, Brésil, Argentine… des nations « de vrai football », comme il les décrit.
Le discours interne est clair : l’objectif reste de gagner, toujours. Mais la première exigence, c’est de tout laisser sur le terrain. Ce qui, selon lui, n’a plus été le cas ces dernières années.
Huth ne se cache pas : « On est nuls depuis 2014. » Le constat claque, brutal. Pour lui, un simple retour en demi-finale d’un grand tournoi serait déjà acceptable au vu du déclin récent. Mais il voit plus loin. Il se met à rêver.
Le rêve d’un « heavy metal football » version Mannschaft
Ce qui l’excite vraiment, c’est l’idée de voir l’Allemagne calquer, ne serait-ce qu’en partie, l’intensité de Liverpool et de Dortmund sous Klopp. Le rythme, l’énergie, la furie, l’esprit de corps. Il sait que reproduire ce modèle en sélection est complexe, faute de temps de travail. Mais si quelqu’un peut s’en approcher, pense-t-il, c’est bien Klopp.
Huth imagine une Mannschaft qui presse haut, qui joue vite, qui déborde de vie. Une équipe qui ne subit plus le match, qui l’impose. Une équipe qui, enfin, ressemble à nouveau à une grande Allemagne.
Il termine sur une note presque de supporter : il est « excité », il encourage son pays, il réclame ce fameux « heavy metal football » qui a déjà fait trembler l’Europe.
La question n’est plus de savoir si Klopp peut changer le visage de la sélection. Elle est de mesurer jusqu’où cette révolution peut emmener l’Allemagne dans les prochains tournois.




