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Alex Michelsen en quart de finale de l'US Open : une percée inattendue

On n’avait pas vraiment coché son nom. Si vous aviez misé sur Alex Michelsen en quart de finale de l’US Open avant le début du tournoi, vous faites partie d’une infime minorité. Et vous avez déjà gagné gros.

À 22 ans, l’Américain non tête de série traverse le tableau comme une rafale. Quatre matches, quatre victoires en trois sets. Pas la moindre manche concédée. À ce niveau, ce n’est plus une série, c’est une déclaration.

Un service qui claque, un revers qui pique

Michelsen n’a rien du prototype du joueur timide qui découvre la deuxième semaine en Grand Chelem. Sa marque de fabrique ? Un revers à deux mains compact, solide sous pression, et surtout un service qui, par séquences, devient intouchable. Quand la balle revient, le point est souvent déjà terminé.

Face à Tomas Martin Etcheverry au quatrième tour, la tendance a encore pris de l’ampleur. Michelsen a empilé 44 coups gagnants, souvent déclenchés dans les deux ou trois premières frappes de l’échange. Le tiebreak du premier set, arraché 8-6, a servi de déclic. Derrière, l’Argentin a surtout vu passer les balles.

Son parcours new-yorkais est brutal pour ses adversaires :

  • 1er tour : victoire contre Federico Cina 6-4, 6-1, 6-0
  • 2e tour : victoire contre la tête de série n°16 Brandon Nakashima 6-3, 6-4, 6-4
  • 3e tour : victoire contre Daniel Merida 7-6 (7-5), 6-4, 6-3
  • 4e tour : victoire contre la tête de série n°27 Tomas Martin Etcheverry 7-6 (8-6), 6-4, 6-4

Aucun trou d’air, aucun match accroché sur la longueur. Pour un joueur classé seulement 46e à l’ATP, la froideur de l’exécution frappe autant que la qualité du jeu.

De la promesse universitaire au pari professionnel

L’histoire d’Alex Michelsen aurait pu suivre un chemin beaucoup plus classique. Originaire d’Aliso Viejo, en Californie, il sort diplômé de Laurel Springs School et signe une lettre d’intention avec le programme masculin de l’Université de Georgia. À ce moment-là, il est le joueur né aux États-Unis le mieux classé de la promotion 2023. Tout indique qu’il va devenir une star du circuit universitaire.

Il n’y mettra pourtant jamais les pieds. En 2023, Michelsen fait le choix fort de tourner le dos à Athens et de passer professionnel. Un pari risqué, mais mûri. Son parcours chez les juniors lui avait déjà ouvert quelques portes : titre en double à Wimbledon en 2022 chez les garçons, finale à l’Open d’Australie la même année dans la même catégorie. Il découvre ensuite le grand bain en double lors de l’US Open 2022, avec une élimination dès le premier tour. Un détail aujourd’hui, mais la première pierre de son histoire à New York.

En simple, il faut attendre 2023 pour le voir disputer son premier tableau principal en Grand Chelem, toujours à l’US Open, grâce à une invitation. La vraie percée en Majeur arrive en 2025, avec un huitième de finale à l’Open d’Australie. Avant cette édition 2026 à Flushing Meadows, c’était son seul passage en deuxième semaine.

Le bond est spectaculaire. Avec ce quart de finale, Michelsen a déjà dépassé la barre du million de dollars de gains en carrière cette saison. Sa seule présence parmi les huit derniers lui garantit 780 000 dollars supplémentaires. S’il atteint le dernier carré, il grimpera dans le top 30 mondial pour la première fois, décrochant le meilleur classement de sa jeune carrière.

Tiafoe, le premier mur

La suite, maintenant, a un autre visage. Et un autre poids. En quart de finale, Michelsen affrontera un compatriote, la tête de série n°11 Frances Tiafoe, mardi 8 septembre.

Le duel a déjà un passé, bref mais net : deux confrontations, deux victoires pour Tiafoe. L’expérience est clairement de son côté, tout comme la familiarité avec la pression d’un Grand Chelem joué à domicile. L’Américain connaît l’électricité des nuits new-yorkaises, la ferveur parfois étouffante d’Arthur Ashe, la façon dont un match peut basculer en quelques jeux sous le bruit du public.

Michelsen, lui, arrive lancé, porté par une dynamique parfaite et un tennis sans complexes. Il n’a pas encore perdu un set. Il n’a pas encore été réellement poussé dans ses retranchements sur la durée. Face à Tiafoe, ce confort va disparaître. La question est simple : son jeu agressif et son service incandescent tiendront-ils face à un adversaire qui le connaît déjà, et qui l’a déjà battu deux fois ?

Le tableau, lui, s’est ouvert juste assez pour laisser passer un invité surprise. Reste à savoir si Alex Michelsen compte se contenter d’une apparition en quart… ou s’il est en train de s’installer durablement à la table des grands.