logo

Alcaraz, Tiafoe et Michelsen brillent à l'US Open

Carlos Alcaraz n’a pas seulement gagné. Il a rassuré tout le monde.

Face à Tommy Paul, tête de série n°20, l’Espagnol a plié l’affaire en trois sets, 6-4, 6-3, 6-4, avec une impression nette : son poignet va mieux, son jeu aussi. Son coup droit, surtout. L’arme qui avait manqué d’intensité depuis sa blessure a de nouveau claqué, lourd, précis, impitoyable sur chaque seconde balle hésitante de l’Américain.

Paul a eu des ouvertures, tard dans le match, des balles pour faire douter le tenant du titre. À chaque fois, le même scénario : échange qui s’allonge, Alcaraz qui prend l’initiative, coup droit qui explose plein centre ou décroisé. Trop puissant, trop propre. Le n°2 mondial signe là son match le plus abouti depuis son retour, sans jamais laisser le doute s’installer.

Sur Louis Armstrong, l’ambiance a changé de registre. Là, c’est Frances Tiafoe qui a pris la lumière, et il y a ses chiffres pour le prouver : 10 victoires, 0 défaite dans ce stade. La dernière victime ? Daniil Medvedev, balayé en trois sets, 7-6 (1), 6-4, 7-6 (6).

Tiafoe n’a pas seulement surfé sur le soutien du public. Il a pris Medvedev à la gorge à la volée, en montant constamment au filet, en le tirant latéralement, en le forçant à frapper en bout de course, là où l’ancien n°1 mondial perd de sa dangerosité. Cliniques, ses montées. Chirurgique, son toucher devant.

Medvedev a pourtant tenu assez longtemps pour se donner une chance : 6-5 dans le tie-break du troisième set, service à suivre, l’occasion de prolonger la bataille. Mais Tiafoe a verrouillé le filet, réflexes fulgurants, main sûre, pour retourner la situation et boucler l’affaire. Le voilà en quarts de finale de l’US Open pour la quatrième fois en cinq ans. Une constance qui commence à peser lourd dans le paysage américain.

Plus loin dans le tableau, une histoire inattendue prend forme : celle d’Alex Michelsen. Le joueur de 22 ans poursuit sa folle série avec un nouveau succès en trois sets, 7-6 (6), 6-4, 6-4, contre Tomas Martin Etcheverry, tête de série n°27.

Michelsen s’appuie sur une base simple, mais dévastatrice : le service. Contre l’Argentin, il a remporté 81 % des points derrière sa première balle et frappé 44 coups gagnants. Surtout, il reste parfait depuis le début du tournoi : il n’a pas perdu un set et a gagné au moins 75 % de ses points sur première dans chacun de ses quatre matchs. Sa lourde frappe de coup droit, posée derrière ce service massif, a perturbé tous ses adversaires. Il devient ainsi le premier joueur non tête de série du siècle à atteindre les quarts de finale de l’US Open sans concéder le moindre set. Une anomalie statistique. Un vrai signal sportif.

La suite ? Un huitième de finale masculin dense, lundi, avec notamment Francisco Cerundolo (24) face à Alexander Blockx (28) à 13 h (heure de la côte Est), puis Learner Tien (14) opposé à Karen Khachanov à 16 h. À 16 h 30, Arthur Gea défiera Botic Van De Zandschulp, avant le choc du soir, à 20 h 30 : Alexander Zverev (1) contre Luciano Darderi (21).

Tien–Khachanov, le test de maturité

Le match du jour, chez les hommes, se jouera entre Learner Tien et Karen Khachanov.

Tien, 20 ans, vient de sortir d’un marathon en cinq sets contre Jakub Mensik. Une victoire arrachée, à l’énergie, qui lui ouvre une porte historique : devenir le plus jeune Américain en quarts de finale de l’US Open depuis Andy Roddick en 2002. La perspective est lourde, le défi aussi.

En face, Khachanov arrive lancé. L’ancien membre du top 10 réalise un tournoi plein, solide sur toutes les lignes, déjà marqué par une victoire de prestige au deuxième tour contre Felix Auger-Aliassime, tête de série n°3. Puissant, expérimenté, porté par un coup droit dangereux, le Russe sait gérer ce type de rendez-vous.

Tien aura le public pour lui, l’enthousiasme, la fraîcheur. Il a surtout montré une vraie dureté mentale lors de son tour précédent. Mais sur le papier, l’équilibre penche vers Khachanov, dont l’expérience des grands matchs pourrait faire la différence sur quatre sets. Le pronostic va dans ce sens : Karen Khachanov en quatre manches, après une vraie bataille.

Sabalenka déroule, Noskova s’arrache

Chez les femmes, Aryna Sabalenka continue sa marche implacable. La n°1 mondiale a écarté Taylor Townsend en deux sets, 6-4, 6-3, et poursuit sa quête d’un troisième titre consécutif à l’US Open.

La clé, comme souvent avec elle, se trouve au retour. Sabalenka a remporté 57 % des points sur le service adverse, étouffant progressivement Townsend malgré quatre breaks concédés. Sa régularité de fond de court, sa capacité à rediriger la balle d’un côté à l’autre sans perdre en intensité, ont fini par user l’Américaine.

Un moment, pourtant, la rencontre a semblé basculer. Townsend a mené 3-1 dans le deuxième set, trouvant enfin des zones, variant davantage. Sabalenka a alors serré le jeu. Cinq jeux de rang. Une séquence sèche, autoritaire, qui dit beaucoup de son état de forme et de sa détermination à ne rien laisser traîner.

Dans l’autre match du jour, Linda Noskova, tête de série n°6, a dû batailler pour venir à bout de Marta Kostyuk (11) : 7-5, 5-7, 6-4. Un bras de fer long, accroché, où la Tchèque a fini par imposer son tempo dans les moments qui comptent.

Le programme féminin de lundi s’annonce riche : Mirra Andreeva (5) affrontera Anastasia Potapova (24) dès 11 h, suivie à 11 h 30 d’un choc entre Iga Swiatek (8) et Qinwen Zheng. À 14 h 30, duel de cogneuses entre Elena Rybakina (2) et Naomi Osaka (13), avant la grande affiche du soir, à 19 h : Coco Gauff (4) contre Iva Jovic (14).

Gauff–Jovic, duel de générations sur Arthur Ashe

Arthur Ashe Stadium aura droit à une affiche 100 % américaine. Coco Gauff d’un côté, Iva Jovic de l’autre. Deux trajectoires différentes, une même ambition.

Jovic, 18 ans, arrive lancée. Elle sort d’un combat de trois heures contre Alexandra Eala, remporté en trois sets. Sa saison parle pour elle : quart de finale à l’Open d’Australie, huitième de finale à Wimbledon. Une progression nette, régulière. Son jeu repose sur la constance, la condition physique, la capacité à tenir l’échange longtemps sans céder.

Face à elle, Gauff apporte autre chose : une agressivité permanente, une densité physique que Jovic n’a pas encore croisée dans ce tournoi. La n°4 mondiale dicte le rythme depuis la ligne de fond, impose sa puissance, prend la balle tôt. Dans ces conditions, la jeune Jovic devra non seulement tenir, mais aussi trouver des solutions créatives pour déstabiliser la championne en titre.

Tout laisse penser que Jovic peut rendre ce match compétitif, prolonger les échanges, forcer Gauff à réfléchir. Mais renverser une telle favorite, dans ce stade, dans cette ambiance, relève d’un exploit d’un autre niveau. Le pronostic s’oriente vers une victoire de Coco Gauff en deux sets.

Reste à savoir si la jeunesse de Tien et Jovic se contentera d’apprendre… ou décidera déjà de bousculer l’ordre établi.