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Abhishek écrase l’Afghanistan avec un double carnage

Abhishek n’a pas seulement répondu à la pression. Il l’a écrasée.

Sur une pelouse de Delhi taillée pour les batteurs, la cible de 156 points fixée par l’Afghanistan n’avait rien d’un Everest. Mais ce que le gaucher a infligé à une attaque pourtant réputée solide a vite transformé la poursuite en démonstration. Son assaut de 32 balles a laissé le résultat sans suspense et rappelé à tout le monde pourquoi l’Inde s’est obstinée à lui faire confiance.

Un départ sans échauffement

Son premier coup de batte a donné le ton. Un inside-out somptueux au‑dessus des couvertures sur Fazalhaq Farooqi, directement pour six. Pas de prise de marques, pas de phase d’observation. Abhishek est entré dans sa manche comme on claque une porte.

Il ne prend réellement les commandes qu’au début du troisième over, juste après la perte de son partenaire d’ouverture. Azmatullah Omarzai se retrouve immédiatement dans la ligne de mire. Un loft puissant déposé loin dans les tribunes de long-off, puis un tir rageur sur un short ball, transperçant la clôture à square leg dans la même séquence. L’intention est claire : pas question de lever le pied.

Farooqi revient pour le cinquième over. Il repart avec 26 points concédés. Abhishek avance sur la balle, explose un slower short ball pour six côté on, puis enchaîne avec un coup à plat, tendu, pour quatre vers les cordes côté off. L’Afghanistan cherche la variation, ne trouve que la punition.

L’Afghanistan à court de réponses

Le rythme ne faiblit pas. L’attaque de pace afghane manque de mordant, mais surtout de surprise. Face à un batteur qui lit si vite la longueur, la moindre approximation se paie cash. Quand le nouveau capitaine Ibrahim Zadran finit par appeler les spinners, le mal est déjà fait. Et le réflexe d’attaque d’Abhishek se déclenche presque automatiquement.

Mohammad Nabi encaisse deux fours consécutifs pour clôturer un Powerplay à 82/1. Abhishek, lui, en a déjà 41 sur seulement 15 balles. Rashid Khan arrive pour tenter d’éteindre l’incendie. Il est accueilli par un nouvel inside-out splendide au‑dessus des couvertures. Même les maîtres de la variation se retrouvent à court de solutions.

Noor Ahmad, lui, arrache enfin quelques balles respectées, presque un événement dans ce carnage. Abhishek pose un rare forward defence, geste en voie de disparition en T20, signe qu’il choisit ses moments. Son cinquantième point tombe sur une simple balle travaillée côté leg face à Rashid. Une respiration. Très brève.

Dès la livraison suivante, il repasse à l’attaque. Petit pas de côté, six au‑dessus de midwicket. Puis un coup frappé plein bras vers deep cover pour transformer l’over du spinner le plus expérimenté du camp adverse en passage à 15 points. L’Afghanistan comprend alors qu’il n’existe plus de plan « sûr ».

Un carnage méthodique, pas une folie

Noor n’y échappe pas non plus. Short ball ? Envoyé au‑delà de deep midwicket. Balle plus pleine ? Propulsée très haut au‑dessus de deep extra cover pour un six de 83 mètres, symbole de la palette complète du gaucher. Quand sa furie s’achève, le tableau est brutal : 82 points, sept six, sept fours, et un nouveau jalon dans sa carrière.

Il devient le deuxième plus rapide à atteindre les 6000 runs en T20. Son quatorzième fifty inscrit en moins de 25 balles établit un record, loin devant les neuf de Suryakumar Yadav. Mais réduire cette manche à un déluge de chiffres serait passer à côté de l’essentiel.

Ce n’était pas du slog aveugle. Abhishek a démonté, pièce par pièce, chaque option proposée par l’Afghanistan. D’abord le pace, puis le spin, avec parfois une retenue calculée pour rappeler que son agressivité repose sur la lecture, pas sur l’instinct brut. Contre les rapides, il empile 28 points sur neuf balles, à un strike rate de 311,1. Contre le cœur du dispositif afghan, les spinners, il en collecte 54 sur 23 balles, à 234,78. À chaque fois, même recette : lecture précoce de la longueur, utilisation des pieds, sanction immédiate de tout ce qui s’approche de la zone « loose ».

Une réponse à la pression, et à la concurrence

Pour lui, cette manche pèse bien plus lourd que les colonnes de statistiques. Il entrait dans cette série face à l’Afghanistan avec un poids sur les épaules. Un passage à vide qui sautait aux yeux dans un contexte où l’Inde dispose d’un luxe rare : un Sanju Samson expérimenté, un Vaibhav Sooryavanshi sans peur, tous deux en embuscade pour une place au sommet de l’ordre.

Son T20 World Cup à domicile avait commencé par trois ducks de rang. Trois zéros qui marquent. La seconde moitié de la compétition l’avait vu se relancer, mais depuis, les runs se faisaient rares. Sur ses six dernières manches en T20I, seulement deux scores à deux chiffres, avec un maigre 16 comme sommet. Dans les dix T20I précédents de ce cycle, 191 runs seulement. Des chiffres qui, dans beaucoup de sélections, auraient coûté une place.

L’Inde, elle, a choisi de tenir bon. De croire que ce style sans peur, capable de détruire une attaque en une poignée d’overs, valait la patience. Et au moment où trois des ouvreurs les plus dangereux du pays se disputent deux places, c’est paradoxalement le poste d’Abhishek qui semble le plus solidement ancré dans le XI.

Depuis le balcon, Chakaravarthy, qui a déjà subi cette violence en circuit domestique, ne peut que compatir avec les spinners adverses tout en savourant le spectacle. « Je leur ai déjà lancé, je sais à quel point c’est dur. J’ai de la peine pour leurs spinners », lâche-t-il. Difficile de mieux résumer ce que l’Afghanistan vient d’endurer.

Une chose est sûre : si ce soir marque réellement la fin de la disette d’Abhishek, ce n’est pas seulement l’Afghanistan qui devra revoir ses plans. C’est tout le paysage du T20 international qui devra, à nouveau, compter avec lui.

Abhishek écrase l’Afghanistan avec un double carnage